1X Technologies a inauguré son usine de Hayward, en Californie, ce 30 avril 2026, avec une cadence cible de 10 000 humanoïdes NEO par an et un objectif de 100 000 unités d’ici fin 2027. Le site de 5 400 m² emploie déjà plus de 200 personnes et fabrique en interne moteurs, batteries, capteurs et structure du robot.
La startup norvégienne soutenue par OpenAI, désormais basée aux États-Unis, devient ainsi le premier acteur occidental à lancer une production en série d’humanoïdes destinés au grand public. La société de Bernt Børnich revendique une intégration verticale totale, du laminage des pièces métalliques aux lignes automatisées d’enroulement de bobines de cuivre pour les moteurs.
Une demande qui a explosé en cinq jours
Quand 1X a ouvert les précommandes de NEO le 28 octobre 2025, la totalité de la capacité annuelle s’est volatilisée en cinq jours, soit plus de 10 000 unités. Les premières livraisons clients sont prévues d’ici fin 2026, après une phase de validation interne dans le laboratoire R&D et chez des testeurs particuliers.
Le robot est commercialisé en deux formats. La version Early Access est facturée 20 000 dollars avec livraison prioritaire en 2026. Une formule par abonnement à 499 dollars par mois est également proposée, dans trois coloris (Tan, Gray, Dark Brown), exclusivement via la boutique en ligne 1x.tech.
Vertical integration contre la dépendance chinoise
1X insiste sur sa différence avec la concurrence. Là où la plupart des fabricants d’humanoïdes occidentaux dépendent de sous-traitants chinois pour des sous-systèmes critiques (réducteurs harmoniques, capteurs de force, BMS), la société conçoit et assemble ces composants à Hayward. L’objectif assumé est l’agilité et la conformité aux standards américains de sécurité.
Cette stratégie est portée par Vikram Kothari, vice-président en charge de la production, recruté après huit ans chez SpaceX où il a coordonné les programmes Dragon, Starship, Raptor et Launch Avionics. Le parallèle avec la culture industrielle d’Elon Musk est revendiqué : itération rapide, contrôle bout-en-bout, automatisation des chaînes d’assemblage.
NVIDIA Jetson Thor au cœur du robot
Chaque NEO embarque la nouvelle plateforme NVIDIA Jetson Thor, qui forme ce que 1X appelle le « NEO Cortex ». Cette architecture permet l’inférence IA en temps réel directement sur le robot, sans dépendance au cloud, pour les fonctions critiques de sécurité, perception, raisonnement et navigation.
L’entraînement s’appuie sur les frameworks NVIDIA Isaac Sim et Isaac Lab, pour de l’apprentissage par renforcement parallèle sur GPU. Deepu Talla, vice-président robotique et edge AI chez NVIDIA, justifie ce choix par les exigences d’inférence haute performance qu’imposent les robots évoluant en environnement humain dynamique.
Pourquoi c’est important
L’ouverture de Hayward marque une bascule. Jusqu’ici, les annonces d’humanoïdes grand public oscillaient entre démos virales et précommandes spéculatives. Avec cette usine, 1X passe à l’exécution. Concrètement, c’est la première fois qu’un fabricant occidental affiche une cadence industrielle pour un humanoïde domestique avec une feuille de route de 100 000 unités à 18 mois.
Le pari reste audacieux. 1X devra prouver que NEO peut tenir ses promesses au domicile des particuliers, là où Tesla Optimus et Figure 03 ciblent encore prioritairement le monde industriel. Reste aussi la question du modèle économique : à 20 000 dollars pièce ou 499 dollars par mois, le robot domestique reste un produit premium, loin de la massification automobile.
Sources : Markets Insider, Interesting Engineering, Forbes
