Chine et Asie

La Chine commande 8 500 robots à 1 milliard de dollars pour entretenir son réseau électrique haute tension

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La State Grid Corporation of China, qui contrôle la distribution électrique dans 26 des 31 régions de Chine continentale, va dépenser 1 milliard de dollars en 2026 pour acheter 8 500 robots dotés d’intelligence artificielle. Le contrat, révélé par le South China Morning Post, marque le passage de la robotique humanoïde du laboratoire à l’infrastructure civile.

Robots quadrupedes et humanoides inspectant le reseau electrique chinois
Illustration RoboActu

5 000 chiens robots pour les montagnes

Sur les 8 500 unités commandées, 5 000 sont des robots quadrupèdes destinés à inspecter les lignes de transmission et les sous-stations en zones montagneuses. Le reste comprend des humanoïdes et des robots à double bras conçus pour les interventions à haut risque sur le réseau ultra-haute tension. Le budget se répartit en deux blocs : 5,8 milliards de yuans pour le hardware pur et le solde pour la R&D et la formation des opérateurs humains.

Les fournisseurs sont tous chinois : Unitree, Deep Robotics, AgiBot, Fourier et UBTech. Ce dernier reste le seul fabricant d’humanoïdes coté en bourse à Hong Kong. La filiale Guangdong du réseau électrique sud-chinois vient même de signer un accord pour exporter son chien robot Feiyun à un opérateur d’utilities chilien d’ici la fin d’année, signe que la technologie passe à l’international.

Une chaîne d’approvisionnement imbattable

Les chiffres du marché donnent le vertige. Selon les estimations citées dans le rapport, les fabricants chinois représentent plus de 88 % des livraisons mondiales d’humanoïdes en 2025, contre 3 % pour les acteurs américains. Les principaux fournisseurs ont expédié 14 000 unités l’an dernier, soit cinq fois le volume de 2024. Zheshang Securities prévoit 2,1 millions d’unités produites en 2030 et n’hésite pas à écrire dans une note aux investisseurs : « Nous pensons que 2026 sera l’année où les robots humanoïdes atteindront la production de masse. »

L’avantage compétitif chinois ne se joue pas sur les algorithmes mais sur la logistique. Yang Qian, directeur des opérations chez X Square Robot, l’expose sans détour : « Les pièces sur mesure peuvent être livrées en quelques jours, contre plusieurs mois à l’étranger. Le coût et le temps d’itération à Shenzhen représentent un dixième de ce qu’on subit ailleurs. »

Shenzhen, capitale mondiale du robot

La production robotique de Shenzhen a atteint 242 milliards de yuans en 2025, soit 35,4 milliards de dollars, en hausse de 20 % sur un an. La ville fabrique 25 % des robots industriels chinois et 43 % des robots de service du pays. Plus de 4 676 entreprises locales détiennent des brevets de robotique, soit 20 % de plus qu’en 2024.

Le salon Fair Plus organisé la semaine dernière à Shenzhen a livré la démonstration concrète. X Square Robot y a présenté Wall-A, son modèle fondamental embarqué, contrôlant des humanoïdes à roues qui ramassaient des déchets et les jetaient à la poubelle. Son robot Quanta X1 Pro, capable de plier le linge et de nettoyer les bacs à litière des chats, est déjà déployé dans des foyers de Shenzhen. La version humanoïde animée par le nouveau cerveau Wall-B doit sortir le mois prochain.

Engine AI a aussi affiché un premier salto avant mondial pour un humanoïde, et un modèle XR a démontré une précision millimétrique en déposant des fleurs dans des paniers à Pékin le 21 avril. Avec 8 500 unités déjà payées par la State Grid, Pékin valide une thèse : les robots ne seront plus des produits de salon, mais des ouvriers civils déployés à grande échelle.

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