Chine et Asie

Hangzhou déploie 15 robots policiers pour le 1er mai et installe la collaboration homme-machine dans la rue chinoise

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Hangzhou a déployé le 1er mai un escadron de 15 robots policiers dans le centre-ville pour gérer la circulation pendant le pont du 1er mai. La capitale du Zhejiang devient la vitrine d’une transition que d’autres villes chinoises imitent déjà, de Shenzhen à Kashgar.

L’agence officielle Xinhua a confirmé l’opération le 3 mai. Les 15 robots, dits « unités de gestion intelligente du trafic », sont positionnés à des carrefours stratégiques du centre. Leur mission : régler la circulation des véhicules motorisés et non motorisés, renseigner les piétons et appuyer les agents humains. Le mot d’ordre officiel parle de « collaboration homme-machine ».

Un robot par fonction, du gendarme au guide touristique

Au lac de l’Ouest, site touristique majeur, les robots font office de guide. Les visiteurs appuient sur un bouton « Je veux parler », posent leur question, et reçoivent un itinéraire à pied ou en transports en commun via voix synthétique et écran. Le tout repose sur un grand modèle de langage embarqué et des données de trafic en temps réel.

Aux carrefours principaux, le rôle change. Les robots passent en mode police de la route, avec reconnaissance visuelle pour repérer les infractions courantes : scooter électrique franchissant un stop, conducteur sans casque. Une alerte sonore est déclenchée immédiatement et l’incident remonte à un poste de commandement central.

Synchronisation au feu rouge à la milliseconde

Les robots peuvent aussi remplacer un agent réglant la circulation. Leur bibliothèque de gestes intègre les huit commandes standards de la police de la route chinoise : avancer, stopper, tourner à gauche, à droite, etc. La synchronisation avec le système de feux tricolores se fait à la milliseconde près, ce qui élimine les contradictions entre signaux humains et lumineux.

Selon Chen Sanchuan, officier de la police de Hangzhou cité par Xinhua, chaque robot peut tenir 8 à 9 heures de service par jour. La charge des agents humains s’allège mécaniquement, et ces derniers peuvent se concentrer sur les interventions complexes. C’est l’argument central du déploiement, dans un contexte de pénurie chronique d’effectifs urbains.

Un mouvement national, pas un coup isolé

Hangzhou n’est pas seule. À Kashgar, dans le Xinjiang, un robot en uniforme haute visibilité dirige le trafic à un grand carrefour depuis le début du pont du 1er mai. À Ordos, en Mongolie intérieure, deux robots policiers sont entrés en service le même jour, combinant direction du trafic, prévention routière et patrouilles intelligentes via Internet des objets et IA embarquée.

À Shenzhen, c’est un humanoïde EngineAI T800 qui a fait le buzz en patrouillant aux côtés d’unités spéciales SWAT. La machine de 1,73 mètre et 75 kilos est capable de courir, frapper et exécuter des coups de pied tournants. Filmée par des passants, la scène a circulé largement sur les réseaux chinois début mai. Le ton change : on n’est plus dans l’agent de la circulation, mais dans l’unité d’intervention armée d’un robot militarisé.

Quel modèle de gouvernance urbaine ?

Jiang Lei, scientifique cité par Xinhua, présente le mouvement comme un point de bascule. Selon lui, les robots de circulation ne sont qu’un début. L’IA incarnée participe activement à la gestion urbaine chinoise. La logique se déploie par paliers : assistance simple, surveillance, application de la loi, sécurité publique.

Côté constructeurs, ces déploiements sont une vitrine commerciale. EngineAI, fondé en 2023 à Shenzhen et adossé à un milliard de yuans de financement, a positionné son T800 comme un humanoïde de masse pour usages industriels et de sécurité. Pour la Chine, l’opération relève autant de l’image que de l’efficacité réelle. Elle envoie aussi un signal aux Européens et Américains, qui n’ont aucun équivalent grandeur réelle dans leurs rues.

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