AGIBOT a fait monter son humanoïde A2 sur le tapis rouge du Met Gala 2026 aux côtés du designer Alexander Wang. C’est la première fois qu’un robot d’intelligence incarnée s’invite à la soirée la plus regardée de la mode mondiale.
Le rendez-vous s’est joué le 5 mai 2026 au Mark Hotel de New York, point de ralliement traditionnel des invités du Metropolitan Museum of Art avant le tapis rouge. AGIBOT y a présenté son robot grandeur nature A2, un humanoïde commercial conçu pour évoluer dans des environnements humains complexes. Pas en démonstration figée derrière une vitrine. En interaction directe avec la foule, les photographes et les invités du couturier sino-américain.

Un humanoïde qui sert des verres aux invités
Sur place, A2 a accompagné Alexander Wang depuis l’hôtel et enchaîné plusieurs séquences d’interaction. Manipulation stable d’objets, distribution de boissons aux invités, navigation au milieu d’un public dense et imprévisible. Le scénario tient à peu de choses, mais c’est exactement ce qui rend la démonstration intéressante. Un humanoïde commercial qui tient un plateau dans un hall d’hôtel new-yorkais bondé n’a pas le droit à l’erreur que peut s’autoriser un prototype de laboratoire.
Le robot s’appuie sur une perception multimodale et une planification temps réel pour s’adapter à un environnement non scripté. AGIBOT décrit A2 comme un humanoïde aux proportions humaines, doté de mains dextères et d’une marche bipède stable. La société chinoise revendique aussi un déploiement commercial à l’échelle, avec le passage symbolique du 10 000ᵉ robot livré annoncé en mars 2026.
Quand la robotique chinoise entre par la grande porte de la culture
L’opération est aussi un coup de communication soigné. Alexander Wang fait régulièrement passerelle entre cultures asiatique et occidentale dans son travail. Pour AGIBOT, ce passage par le Met Gala installe l’humanoïde sur la scène culturelle mondiale, là où les robots chinois étaient jusqu’ici cantonnés aux salons industriels et aux démonstrations d’État comme le défilé du Nouvel An lunaire ou le semi-marathon humanoïde de Pékin.
Concrètement, c’est un signal de plus. Après la sortie d’usine de 10 000 unités revendiquée par le concurrent AgiBot avec son fondateur Peng Zhihui, après l’IPO en préparation chez Unitree, les fabricants chinois multiplient les apparitions hors usine pour acclimater le grand public à la présence de leurs machines.
Met Gala, « Fashion is Art » et marketing tech
Le thème 2026 du Met Gala, « Fashion is Art », colle étroitement à l’argumentaire d’AGIBOT, qui parle de robots devenus « participants » dans la création culturelle. La firme l’inscrit dans sa devise maison, « 1 Robotic Body, 3 Intelligence », combinant interaction, manipulation et locomotion.
Reste à voir si cet exercice de relations publiques se traduit par des cas d’usage concrets en hôtellerie, retail premium ou événementiel. La présence du robot a généré une vague de captations vidéo et de partages sociaux dans la nuit, ce qui valide au moins la promesse de « participant » dans un environnement humain dense. Pour la suite, AGIBOT devra prouver que le passage du tapis rouge à la salle de banquet ne suit pas le même chemin que beaucoup de démos humanoïdes : impressionnant en stand-up, plus discret en production.