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Korben Robotique : la startup de Perpignan installe 250 robots de service en France et lève 10 millions pour devenir le « Microsoft de la robotique »

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Korben Robotique passe à l’échelle. La startup de Perpignan, fondée par Lucas Goumarre, revendique 250 établissements équipés en France et prépare une levée de 10 millions d’euros pour 2026. Sa promesse : devenir le « Microsoft de la robotique » en commercialisant un logiciel souverain, hébergé chez OVH, capable de piloter n’importe quel robot de service, peu importe sa marque ou son pays d’origine.

250 sites déjà équipés, 400 000 postes vacants ciblés

L’argument commercial est simple. La France compte environ 400 000 emplois vacants dans la restauration, le nettoyage, la sécurité ou l’hôtellerie, selon les chiffres rapportés par Lucas Goumarre. Korben Robotique propose à ces secteurs des flottes de robots de service pour absorber la pénibilité : nettoyage des sols, accueil, guidage et transport de charges.

Concrètement, la startup a déjà équipé plus de 250 établissements, du restaurant au cinéma en passant par l’hôtel et l’EHPAD. La répartition des cas d’usage tourne autour de trois familles : nettoyage automatisé (plus de 120 sites), accueil et information (environ 60 hôtels et restaurants) et transport interne (70 cinémas et points de vente). Le pari de Goumarre est démographique : la France perd des bras, et la robotisation ciblée doit permettre aux salariés de se recentrer sur la relation client et l’humain plutôt que sur les corvées répétitives.

Un logiciel universel hébergé chez OVH

Le vrai cœur du projet, c’est la couche logicielle. Korben Robotique vend du matériel sourcé en Asie, mais l’intelligence reste française. Sa plateforme se branche sur des robots de différentes marques pour les faire dialoguer entre eux, éviter les collisions et orchestrer une feuille de route commune sur un site donné. Lucas Goumarre l’a expliqué sur France 24 le 5 mai : aujourd’hui, dans un restaurant, un robot de nettoyage peut littéralement percuter un robot de transport faute de protocole partagé.

L’autre verrou, c’est la donnée. Korben rappelle qu’environ 80 % de la production mondiale de robots de service est concentrée en Asie, et que ces machines collectent des images, des cartographies et des informations de connexion. En hébergeant son backend chez OVH, la startup garantit que les flux captés dans un hôtel parisien ou un EHPAD restent en France et sont anonymisés. Pour des établissements sensibles, c’est un argument différenciant face aux concurrents asiatiques.

Cobotique, cibler 15 millions d’euros en 2027

Sur l’emploi, le discours est cobotique : le robot ne remplace pas, il décharge. L’exemple cité par le fondateur est celui des EHPAD, où le nettoyage automatisé permet aux agents de service de redistribuer leur temps vers l’accompagnement des résidents. Goumarre cite la Chine, qui exploite environ huit millions de robots de service pour un taux de chômage qui reste maîtrisé, comme contre-exemple aux scénarios catastrophistes sur la destruction d’emplois.

Le modèle économique repose sur la location du matériel et un abonnement au logiciel. Korben vise 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027 et prépare une levée de 10 millions d’euros en 2026 pour financer l’expansion européenne, puis nord-américaine. Détail piquant pour une startup française : Lucas Goumarre confie être déjà en discussion pour vendre son logiciel à des industriels chinois, prenant ainsi le contre-pied du sens habituel des transferts de technologie dans la robotique de service.

Sources : France 24, « Marché des robots humanoïdes : la domination chinoise », 5 mai 2026 ; MCE TV / Ouest-France, 4 mai 2026.