Robots

Inspirée du tatou, cette armure intelligente s’enroule toute seule pour protéger les robots souples

Par La Rédaction ⏱ 2 min de lecture

Quand un tatou se sent menacé, il s’enroule sur lui-même pour former une boule rigide qui protège ses parties molles. Ce réflexe, appelé volvation, vient d’inspirer une équipe de la North Carolina State University pour blinder les robots souples.

Le talon d’Achille de la robotique souple

La soft robotics conçoit des machines en matériaux flexibles plutôt qu’en métal rigide. Ces robots offrent des avantages réels face aux humanoïdes classiques comme l’Unitree R1 ou l’Atlas de Boston Dynamics. Ils sont plus adaptables et plus sûrs au contact des humains.

Mais ils restent paradoxalement fragiles. Crevaisons, déchirures, sensibilité aux UV ou aux températures élevées : leur souplesse a un coût. Yong Zhu, qui a dirigé les travaux, résume l’objectif. Il s’agissait de permettre à ces technologies fragiles de fonctionner tout en les protégeant lorsque c’est nécessaire.

Une carapace qui se déclenche seule

Le dispositif s’appelle MIPM, pour Morpho-Interlocking Protective Module. Il superpose trois couches aux rôles distincts. La couche externe est un exosquelette d’écailles courbes imprimées en 3D, calquées sur la cuirasse du tatou. Son travail consiste à encaisser les coups une fois la structure refermée.

Juste en dessous se trouve le véritable cerveau du module. Un polymère élastique truffé de nanofils d’argent détecte la pression et alerte une unité de contrôle. Celle-ci envoie aussitôt du courant dans une couche chauffante. Sous l’effet de la chaleur, un élastomère à cristaux liquides se rétracte pendant qu’une bande de Kapton s’allonge. Le déséquilibre entre les deux mouvements incurve l’armure et la referme. La troisième couche, un endosquelette en papier renforcé, maintient les écailles rigides en position.

Encore au stade expérimental

Le MIPM n’en est qu’à ses débuts. L’équipe n’a annoncé aucune date de déploiement et cherche pour l’instant des partenaires industriels. Les pistes d’application dépassent la seule robotique. Les chercheurs évoquent les prothèses intelligentes, les drones, les capteurs souples ou encore les écrans et smartphones pliables, autant de domaines où un matériau capable de se protéger seul changerait la donne en matière de durabilité.

🤖 Robots mentionnés dans cet article