Une startup de San Francisco veut casser le prix d’entrée de l’IA physique. Almond Robotics a lancé l’Axol, un robot à deux bras vendu à partir de 7 999 dollars, entièrement open source et assemblé aux États-Unis.

Un robot sans tête, mais avec deux bras agiles
L’Axol n’est pas un humanoïde complet. Almond Robotics a choisi un format dit « headless » : pas de tête ni de jambes, juste un tronc fixe équipé de deux bras. Le pari est clair. La plupart des tâches utiles en entrepôt ou en laboratoire se règlent avec des mains habiles, pas avec une silhouette humaine intégrale.
Chaque bras offre une portée de 860 millimètres et soulève jusqu’à 6,5 kilos. Le contrôle tourne à 500 Hz, une fréquence élevée qui permet des gestes précis et fluides. Concrètement, le robot vise l’assemblage, l’emballage et le tri, des opérations répétitives où la main humaine reste aujourd’hui irremplaçable.
Tout est ouvert pour les chercheurs
L’argument central d’Almond Robotics tient en un mot : ouverture. L’Axol arrive avec un SDK Python open source, un système de téléopération en réalité virtuelle et des effecteurs modulaires que l’on peut changer selon la tâche. Les chercheurs collectent ainsi leurs propres données de démonstration, puis entraînent leurs modèles dessus.
Ce positionnement répond à un besoin précis. Les équipes qui développent des modèles VLA, ces réseaux qui relient vision, langage et action, ont besoin de robots accessibles pour générer des heures de données réelles. À 7 999 dollars, l’Axol descend bien en dessous des humanoïdes complets vendus plusieurs dizaines de milliers de dollars.
La vague des startups américaines
Le lancement s’inscrit dans un contexte tendu. Depuis l’interdiction visant les robots humanoïdes chinois sur le sol américain, plusieurs jeunes pousses locales se positionnent pour occuper le terrain. Almond Robotics insiste sur son assemblage 100 % américain, un argument commercial autant que politique.
Reste à voir si la promesse tient en conditions réelles. Un robot abordable et ouvert peut séduire les laboratoires, mais le passage à l’usine demande fiabilité et maintenance. Almond Robotics joue la carte du développeur d’abord. Si l’écosystème suit, l’Axol pourrait devenir une plateforme de référence pour entraîner la prochaine génération de robots manipulateurs.
