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GITAI : ses robots autonomes assemblent une base lunaire, panneau solaire et tour de 5 mètres compris

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La startup robotique spatiale GITAI (Tokyo / Los Angeles) vient de publier deux démonstrations qui illustrent concrètement ce que des robots autonomes pourraient accomplir sur la Lune avant même l’arrivée des premiers humains. Un rover ouvre une caisse et assemble un panneau solaire complet. Trois robots en mode « inchworm » et un rover collaborent pour monter une tour de communication de 5 mètres. Deux preuves de concept qui font avancer sérieusement le dossier de la construction lunaire robotisée.

Le rover R1 : ouvrir une caisse et assembler un panneau solaire

La première démonstration met en scène le rover R1 de GITAI. Sa mission : ouvrir une caisse de transport, extraire les composants et assembler un panneau solaire complet de façon entièrement autonome. Pas de téléopération humaine, pas d’assistance à distance en temps réel.

Cette capacité est fondamentale pour le scénario de colonisation lunaire envisagé par plusieurs agences spatiales : déployer de l’énergie solaire avant que les astronautes ne posent le pied sur la surface. Un robot capable d’installer des panneaux sans supervision humaine est un pré-requis essentiel.

Trois inchworms et un rover pour une tour de 5 mètres

La deuxième démonstration est encore plus impressionnante en termes de coordination. Trois robots « inchworm » (des robots linéaires qui progressent par reptation, en alternant points d’ancrage comme une chenille) travaillent en équipe avec le rover pour assembler segment par segment une tour de communication de 5 mètres de hauteur.

Les robots grimpent le long de la structure en cours d’assemblage, positionnent chaque nouveau segment avec précision, puis le verrouillent en place avant de passer au suivant. La tour finale peut servir de relais de communication pour une base lunaire, permettant aux équipes au sol de maintenir le contact avec les équipes sur la surface.

Pourquoi c’est important

Construire une base lunaire habitée pose un problème d’oeuf et de poule : les astronautes ne peuvent pas s’installer sur la Lune si les infrastructures de base (énergie, communication, abri) ne sont pas en place. Mais construire ces infrastructures nécessite des personnes sur place. Les robots autonomes sont la solution évidente à ce paradoxe.

GITAI travaille sur ce problème depuis plusieurs années. La startup a déjà testé ses robots dans le module commercial Bishop de la Station spatiale internationale. Le passage à des tests d’assemblage de structures plus complexes en conditions terrestres représente une étape supplémentaire vers des déploiements réels sur la Lune.

GITAI dans la course à l’infrastructure spatiale

Fondée à Tokyo, GITAI opère aujourd’hui depuis Los Angeles avec une équipe qui regroupe des chercheurs de l’Université de Tokyo et des entrepreneurs ayant travaillé chez Google et American Express. L’ambition affichée est de rendre l’exploration et la construction spatiales moins coûteuses et plus sûres en substituant des robots aux humains pour les tâches physiquement dangereuses.

Dans la course à la Lune qui s’accélère avec le programme Artemis de la NASA et les projets chinois Chang’e, la capacité à déployer une infrastructure robotisée autonome pourrait devenir un avantage stratégique décisif. GITAI est l’une des rares startups à avoir des démonstrations concrètes à montrer.