Honor veut changer la nature même du système d’exploitation mobile. Le 24 juin, son président de la ligne produits Fang Fei a annoncé Agentic OS, un système pensé autour des agents intelligents plutôt que des applications. Le cadre technique complet est attendu pour juillet 2026, avec un premier aperçu via MagicOS 11.

De l’application à l’agent
L’idée tient en une phrase de Fang Fei : la prochaine décennie verra le téléphone passer de simple conteneur d’applications à plateforme d’agents intelligents. Derrière cette formule se cache un changement profond. Les grands modèles de langage savent désormais comprendre une intention, planifier une suite de tâches et exécuter des commandes à travers plusieurs applications. Le rôle du système d’exploitation s’en trouve bouleversé.
Honor structure son approche autour de trois capacités d’un agent : la perception, la planification et l’action. Sur la perception, l’entreprise intègre l’IA directement dans les appareils et fait évoluer ses suggestions YOYO, pour que les services anticipent les besoins de l’utilisateur au lieu d’attendre une recherche. Le constructeur disperse aussi cette détection sur montres, écouteurs et lunettes, le smartphone servant de centre de calcul.
Magic Agent et YOYO Claw au cœur du dispositif
Sur la planification, Honor a développé une suite de modèles propriétaires répartis entre appareils, illustrée par YOYO Claw, un cadre multi-appareils couvrant PC, téléphones, tablettes et objets connectés. Pour l’action, le système s’appuie sur des outils comme Magic GUI et le modèle Magic Agent, qui automatisent des tâches complexes en plusieurs étapes via l’agent.
Le basculement annoncé est radical : passer d’interfaces graphiques où l’on navigue entre applications à des interfaces centrées sur l’agent, où le contexte de l’utilisateur prime sur les apps isolées. L’utilisateur ne ferait plus défiler des icônes mais dialoguerait en langage naturel avec un agent qui planifie et exécute les services.
Une bataille d’écosystèmes
Honor n’avance pas seul sur ce terrain. Huawei a présenté HarmonyOS 7 avec une restructuration autour des agents, et Xiaomi a annoncé Pengpai OS 4 profondément intégré à des agents IA. Le mouvement ressemble à un consensus naissant autant qu’à une course de vitesse entre constructeurs chinois.
Le défi est de taille. L’internet mobile actuel repose sur le trafic des applications : des développeurs qui attirent les utilisateurs, des plateformes qui contrôlent la distribution. Passer à un modèle piloté par agents suppose de revoir le partage des données, les protocoles d’interface et les standards du secteur. Sans coopération entre fabricants pour bâtir des protocoles communs, cette promesse restera théorique. La livraison du cadre technique en juillet dira si Honor tient le rythme.