Sanctuary AI change de tête. La startup de robotique humanoïde basée à Vancouver a nommé Daniel Friedmann, jusqu’ici président de son conseil d’administration, au poste de directeur général. Le PDG par intérim James Wells quitte l’entreprise cette semaine.
Un profil venu du spatial
Daniel Friedmann n’est pas un inconnu de l’industrie technologique canadienne. Il a dirigé pendant plus de vingt ans MDA, devenue MDA Space, la société d’ingénierie spatiale derrière le bras robotisé Canadarm2 de la Station spatiale internationale. Plus récemment, il est passé de président du conseil à directeur général de Carbon Engineering, une entreprise de captage direct du CO2 dans l’air, rachetée par l’américain Occidental Petroleum en 2023.

Une nouvelle stratégie
Ce changement de direction accompagne ce que l’entreprise présente comme une «nouvelle stratégie». Dans un message publié sur LinkedIn, James Wells explique que Sanctuary va désormais se concentrer sur le passage à l’échelle de sa technologie existante, plutôt que sur la démonstration de sa faisabilité. Concrètement, la société veut déployer ses briques d’IA physique sur du matériel déjà en service.
Cette bascule rejoint une annonce récente : Sanctuary applique son système de contrôle IA non plus seulement à ses propres robots, mais aussi aux millions de bras industriels déjà installés dans les usines. L’idée est de découpler le «cerveau» logiciel du «corps» matériel, au lieu d’attendre que les humanoïdes complets atteignent la maturité commerciale.
Après une période agitée
L’arrivée de Friedmann clôt une séquence mouvementée. James Wells, ancien directeur commercial, avait pris l’intérim après le départ du cofondateur Geordie Rose en novembre 2024, quelques mois après celui de l’autre cofondatrice Suzanne Gildert. L’entreprise avait alors supprimé une trentaine de postes.
Sanctuary indique avoir levé plus de 140 millions de dollars auprès d’investisseurs, sans compter un investissement non divulgué en mai du fonds de capital-risque du japonais Zeon Corporation. La feuille de route prévoit des mains robotiques de qualité industrielle et des robots capables de déplacer des objets de façon autonome. Friedmann hérite donc d’une mission claire : transformer une technologie prometteuse en produit déployable.