OpenAI lève le voile sur GPT-5.6, sa nouvelle famille de modèles de frontière. Elle se décline en trois variantes aux noms cosmiques : Sol, Terra et Luna. Mais l’accès reste verrouillé. Seules une vingtaine d’organisations triées sur le volet y ont droit pour l’instant, après que l’entreprise a partagé les modèles et son calendrier avec le gouvernement américain.
Trois modèles, trois usages
Chaque variante vise un besoin différent. Sol est taillé pour les problèmes les plus durs : raisonnement complexe, longues sessions de code, sécurité informatique. Terra équilibre performance et coût pour les tâches métier à fort volume, comme le support client ou l’analyse documentaire. Luna joue la carte de la rapidité et du faible coût pour le travail quotidien : résumés, rédaction, automatisations de routine.
Côté tarifs, Sol s’aligne sur GPT-5.5 à 5 dollars le million de tokens en entrée et 30 en sortie. Terra descend à 2,50 / 15 dollars, et Luna à 1 / 6 dollars. OpenAI explique que le chiffre désigne la génération, tandis que Sol, Terra et Luna marquent des niveaux de capacité durables qui évolueront à leur propre rythme.

Des benchmarks en hausse
La principale évolution technique porte sur le temps de réflexion accordé aux tâches difficiles. OpenAI ajoute un mode de raisonnement maximal pour Sol, et un mode «ultra» qui mobilise des sous-agents pour découper et accélérer les projets complexes. Sur TerminalBench 2.1, un test d’automatisation en ligne de commande, Sol atteint un score record de 91,91 % avec le mode ultra, contre 83,4 % pour GPT-5.5 et 88 % pour Claude Mythos 5.
Sur l’évaluation Agent’s Last Exam, Sol est le seul modèle à dépasser la barre des 50 % en «code mode». En biologie quantitative et en génomique, Sol et Terra affichent une précision supérieure à GPT-5.5 et GPT-5.4, Sol consommant au passage moins de tokens.
Une sortie sous tutelle
Le calendrier échelonné découle d’un décret présidentiel signé le 2 juin 2026, qui charge plusieurs agences fédérales d’évaluer les capacités des nouveaux modèles avant une diffusion large. OpenAI a donc commencé par un aperçu limité à un petit groupe de partenaires de confiance. La sortie générale est annoncée pour «les prochaines semaines».
L’entreprise classe ses trois modèles au niveau de risque «élevé» pour les capacités cyber et biologiques, ce qui impose de nouvelles obligations de gouvernance aux utilisateurs sensibles. OpenAI a consacré environ 700 000 heures de GPU au red-teaming automatisé pour traquer les contournements de ses garde-fous. La société critique pourtant ouvertement ce processus dans son annonce : selon elle, ce type de filtrage gouvernemental ne devrait pas devenir la norme, car il prive développeurs et défenseurs d’outils dont ils ont besoin. Cette sortie suit de près le blocage à l’export imposé par Washington au concurrent Anthropic.