Deux spécialistes américains de la robotique d’entrepôt viennent de faire dialoguer leurs machines. Ambi Robotics et Pickle Robot ont annoncé l’intégration de leurs systèmes pour automatiser d’un bout à l’autre le flux des colis, du déchargement d’un camion jusqu’à la palettisation en zone de réception.
Du quai de chargement à la palette, sans intervention humaine
Le principe est simple à décrire, plus difficile à réaliser. Les robots de Pickle Robot déchargent les cartons directement depuis la remorque du camion. Les colis sont ensuite acheminés par convoyeur vers AmbiStack, la solution d’empilage polyvalente d’Ambi Robotics, qui les identifie, les scanne et les range pour les opérations suivantes de l’entrepôt.
L’ensemble fonctionne en continu, sans passage de relais manuel entre les étapes. C’est précisément ce point de rupture, le fameux problème du quai de déchargement, qui mobilise depuis des années les logisticiens. Ce maillon reste l’un des plus pénibles et des plus difficiles à automatiser dans une chaîne d’approvisionnement.
Une réponse à la demande des grands comptes
Les deux entreprises expliquent avoir agi en réponse à la demande d’opérateurs du commerce et de la logistique figurant au classement Fortune 500. L’argument commercial repose sur un point clé : la solution s’appuie sur l’infrastructure et les systèmes existants des entrepôts. Autrement dit, pas besoin de redessiner entièrement un bâtiment pour l’installer.
Chaque brique reste par ailleurs indépendante. AmbiStack est conçu pour s’intégrer à différents systèmes de manutention sans dépendre d’un seul fournisseur, et les robots de Pickle opèrent eux aussi dans les installations existantes. Les deux technologies se veulent des compléments naturels dans un flux d’entrée de bout en bout.
L’interopérabilité comme pari du secteur
Au-delà de la prouesse technique, cette collaboration illustre une tendance de fond. « Les exploitants d’entrepôts ne devraient pas avoir à choisir entre les meilleures technologies et une intégration fluide », résume Jim Liefer, patron d’Ambi Robotics, qui parie sur l’interopérabilité comme moteur de la logistique de demain.
Son homologue AJ Meyer, fondateur et dirigeant de Pickle Robot, va plus loin. Il évoque des processus multi-robots capables de s’améliorer et de se corriger seuls avec le temps. Concrètement, l’ambition est de faire coopérer des machines venues de fournisseurs différents comme si elles formaient une seule ligne. Un modèle qui tranche avec les écosystèmes fermés longtemps dominants dans l’automatisation industrielle.
