Chine et Asie

Datacenters en mer : Samsung, HiCloud et Hitachi inventent l’infrastructure IA du futur sous les flots

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

L’Asie manque de place. Ou plus exactement, l’Asie manque de terrains plats, d’eau douce et de tolérance politique pour construire de nouveaux datacenters dans ses métropoles les plus denses. La solution que proposent Samsung, HiCloud et Hitachi est radicale : aller en mer.

Plateforme offshore datacenter flottant en mer Asie pour serveurs IA
Illustration RoboActu

Ces trois géants investissent dans des infrastructures flottantes ou submergées capables d’héberger les serveurs qui alimentent l’intelligence artificielle. L’océan offre deux choses que la terre ne peut plus garantir à grande échelle : l’espace et un refroidissement naturel quasi illimité.

La pression de l’IA sur les infrastructures

Les prévisions industrielles sont vertigineuses. La demande mondiale en capacité de calcul pour les datacenters pourrait doubler d’ici 2030, atteignant 200 gigawatts selon les estimations du secteur. Cette croissance est tirée par les grands modèles de langage, les systèmes d’agents IA et les usages cloud grand public.

Les datacenters traditionnels consomment d’énormes quantités d’eau pour refroidir leurs serveurs. Dans des régions déjà touchées par le stress hydrique comme le Japon, Singapour ou le littoral chinois, cette contrainte devient critique. La mer offre un refroidissement naturel abondant, sans ponction sur les ressources en eau douce des populations.

Un avantage réglementaire et foncier

Construire en mer évite aussi les longues batailles administratives et les oppositions citoyennes qui ralentissent les projets terrestres. Les contestations locales, les enquêtes publiques et les recours ont considérablement allongé les délais de construction de nouveaux datacenters dans les zones urbaines d’Asie. Les infrastructures côtières ou offshore contournent ces obstacles.

L’idée n’est pas entièrement nouvelle : Microsoft avait expérimenté son projet Natick avec des datacenters submergés au large des Orcades entre 2018 et 2020. Mais ce qui était une curiosité technologique devient ici une stratégie industrielle à grande échelle, portée par des acteurs de premier plan du secteur asiatique.

Des défis techniques et environnementaux à résoudre

La maintenance en mer est complexe, les câbles sous-marins sont vulnérables et les questions environnementales sur l’impact thermique des rejets d’eau restent ouvertes. Samsung, HiCloud et Hitachi devront démontrer que ces infrastructures sont économiquement viables et écologiquement acceptables.

Si le pari est réussi, ce modèle pourrait devenir un standard pour l’industrie mondiale du datacenter. La course à la capacité de calcul pour l’IA n’a pas de fin visible, et les océans constituent le dernier grand réservoir inexploité pour y répondre.