Jensen Huang a choisi le Japon pour marquer le début de ce qu’il appelle « l’ère de l’IA physique ». NVIDIA a dévoilé ce mercredi les Jetson Thor T3000 et T2000, deux ordinateurs embarqués destinés à rendre l’intelligence artificielle dans les robots accessible à grande échelle, bien au-delà des seuls laboratoires de pointe.

865 TFLOPs dans une puce de 70 watts
Le T3000 s’adresse aux robots humanoïdes et aux plateformes robotiques les plus exigeantes. Il embarque un GPU Blackwell, jusqu’à huit coeurs ARM Neoverse, 32 Go de mémoire LPDDR5X avec 273 Go/s de bande passante, et une connectivité 25 GbE. Le tout pour une consommation de 70 watts seulement. Sa puissance de calcul IA atteint 865 TFLOPs en FP4, pratiquement autant que le Thor T5000 haut de gamme, dans un format deux fois plus compact.
Le T2000 cible un marché plus large. Il délivre 400 TFLOPs FP4 avec 16 Go de mémoire, et vise les robots mobiles autonomes, les agents visuels et les opérations industrielles légères. Son positionnement tarifaire devrait en faire le premier choix des intégrateurs qui ne peuvent pas justifier le coût du T5000.
Boston Dynamics, Amazon, FANUC parmi les premiers utilisateurs
NVIDIA a confirmé que plusieurs acteurs majeurs de la robotique industrielle s’appuient déjà sur les modules Thor. Boston Dynamics, Agility Robotics, Amazon Robotics, FANUC, Hitachi, Medtronic et Techman Robo figurent dans la liste des partenaires au lancement. Ces entreprises couvrent la logistique, la chirurgie, l’assemblage industriel et les robots mobiles de service.
La pile logicielle livrée avec le T3000 inclut le stack NVIDIA Halos pour la sécurité fonctionnelle, Isaac GR00T, Cosmos et Holoscan IGX pour les cas d’usage médicaux. Kawasaki Heavy Industries a annoncé son intention d’utiliser l’ensemble de ces couches pour développer des robots infirmiers et de transport hospitalier sous les marques FORRO, Nyokkey et NURABOT. Direava, de son côté, travaille sur un modèle de langage visuel pour la chirurgie, capable de comprendre et d’interagir avec une scène opératoire en temps réel.
Le pari de l’intelligence embarquée
Pour les constructeurs de robots, l’enjeu est considérable. Le T3000 permet de faire tourner des modèles de langage multimodaux directement sur le robot, sans dépendance au cloud. LLMs, VLMs, World Foundation Models : ces architectures que l’on associait aux datacenters trouvent désormais leur place dans un châssis de 70 watts embarqué dans un robot d’usine ou un assistant hospitalier.
C’est ce que NVIDIA appelle « l’intelligence embarquée » : la capacité d’un robot à raisonner et agir dans son environnement sans connexion permanente à des serveurs distants. Avec les GPU Blackwell, ce cap technique devient industrialisable à grande échelle. Le calendrier de commercialisation des T3000 et T2000 n’a pas encore été précisé, mais plusieurs partenaires ont d’ores et déjà commencé leur intégration.
