Hyundai rachète les dernières parts de SoftBank dans Boston Dynamics : l’Atlas devient 100 % coréen

Robot Atlas de Boston Dynamics en usine Hyundai, chaîne de montage véhicules électriques

SoftBank sort enfin du capital de Boston Dynamics. Le groupe japonais a exercé son option de vente sur les 9,65 % qu’il détenait encore dans le fabricant de robots américain. Hyundai Motor Group rachète cette part pour environ 325 millions de dollars, ce qui lui confère la propriété à 100 % de la société créatrice d’Atlas et de Spot.

Robot Atlas de Boston Dynamics en usine Hyundai, chaîne de montage véhicules électriques
Illustration RoboActu

Cinq ans après l’entrée, la sortie de SoftBank

En 2021, Hyundai avait acquis 80 % de Boston Dynamics auprès de SoftBank pour 1,1 milliard de dollars. L’accord initial prévoyait une option de vente pour les parts restantes. C’est cette clause que le fonds de Masayoshi Son vient d’activer.

La valorisation implicite de la transaction dépasse 3 milliards de dollars, soit près de trois fois le prix payé il y a cinq ans. Mais la somme importe moins que la logique stratégique : en devenant actionnaire unique, Hyundai lève tous les freins de gouvernance qui limitaient son intégration de Boston Dynamics dans ses propres usines.

Pour SoftBank, ce n’est pas un désengagement de la robotique. Le groupe prépare le lancement de Roze AI, une entité cotée qui regroupe robotique, infrastructure IA et data centers, notamment après l’acquisition de l’activité robots industriels d’ABB pour 5,4 milliards de dollars. La stratégie pivot : posséder l’infrastructure plutôt qu’un constructeur de robots en particulier.

Le plan Hyundai : 30 000 Atlas par an dès 2028

Hyundai ne cache pas ses ambitions de production. La feuille de route est précise : début 2028, des robots Atlas en version commerciale commenceront à travailler dans l’usine de véhicules électriques du groupe en Géorgie. Ils débuteront par la logistique interne et le port de charges lourdes, avant de progresser vers des tâches de soudure et d’assemblage d’ici 2030.

L’objectif annoncé est de produire 30 000 humanoïdes par an. Plus de 25 000 seraient déployés dans les usines Hyundai et Kia. Le reste serait vendu à des clients extérieurs. C’est une position unique sur le marché : la plupart des constructeurs de robots cherchent encore leurs premiers clients industriels, alors que Hyundai possède déjà les sites de production où ses robots apprendront.

L’Atlas a récemment montré sa progression lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, où il a porté le ballon de cérémonie. Il a aussi démontré sa capacité à soulever et déplacer un réfrigérateur compact de 23 kilogrammes, des jalons qui illustrent les gains en manipulation et coordination de l’ensemble du corps.

Une course entre quelques acteurs très bien capitalisés

Hyundai n’est pas seul. Figure AI, valorisé autour de 39,5 milliards de dollars, vise lui aussi la production de masse. Skild AI a levé 1,4 milliard pour construire des modèles de fondation capables de piloter plusieurs types de robots. Walden Robotics a lancé ses activités avec 300 millions en poche.

Mais Hyundai dispose d’un avantage structurel rare : il possède à la fois les robots, les modèles d’IA et les usines où les déployer. Cela permet une validation en conditions réelles, pas seulement sur des projets pilotes.

La Physical AI, ce nom générique pour les robots qui perçoivent et agissent dans le monde réel sans supervision constante, est en train de passer du laboratoire à la chaîne de production. L’acquisition par Hyundai de la totalité de Boston Dynamics marque peut-être le début de cette transition à grande échelle.

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