Pékin prépare 2 056 robots pour ses Jeux mondiaux des humanoïdes

Robots humanoïdes testés dans une arène de compétition robotique
Illustration générée par RoboActu d’une arène de tests pour robots humanoïdes.

Les deuxièmes Jeux mondiaux des robots humanoïdes réuniront à Pékin 666 équipes et 2 056 robots du 22 au 26 août. Les organisateurs mettent l’accent sur des épreuves plus autonomes et des scénarios proches de l’usine, de l’hôtel, du domicile et de la logistique.

L’annonce, relayée le 14 août par China.org.cn et Beijing Review à partir d’une conférence de presse tenue la veille, confirme un changement d’échelle pour cette compétition. La première édition de 2025 avait réuni 280 équipes et plus de 500 robots humanoïdes. L’édition 2026 revendique désormais des participants venus de 16 pays, avec une très forte présence chinoise : 641 équipes nationales et 1 975 robots, issus de 157 entreprises et de 200 universités ou instituts de recherche.

Plus d’épreuves, plus d’autonomie

China.org.cn évoque 51 épreuves et 1 301 matchs, contre 26 épreuves et 487 matchs lors de la première édition. Beijing Review mentionne plus de 30 événements, dont de nouvelles épreuves comme le saut en longueur, l’haltérophilie, le tir à la corde et le tennis de table. L’objectif est de tester le contrôle du mouvement, la conception mécanique, les composants clés et la capacité à exécuter une tâche sans intervention permanente.

Le règlement devient plus exigeant. Selon le média chinois, le temps limite du 100 mètres passe de trois minutes à une minute, celui du 400 mètres de quinze à cinq minutes et celui du 1 500 mètres de quarante à quinze minutes. Sauf exceptions, les épreuves d’athlétisme doivent être accomplies de manière entièrement autonome. Dans les scénarios applicatifs, une exécution autonome vaut davantage qu’une tâche téléopérée.

Des scénarios industriels et domestiques

Le virage le plus intéressant concerne les situations simulant des lieux de travail réels. Les organisateurs citent des usines, hôtels, logements, entrepôts logistiques, situations d’urgence et bibliothèques. Les robots devront y assembler, ranger, trier, manipuler ou intervenir dans des environnements moins prévisibles qu’une piste de démonstration.

La catégorie dextérité ajoute aussi des épreuves de micro-manipulation, comme ramasser de petits objets ou visser des vis. Ce type de test est central pour les humanoïdes : marcher attire l’attention, mais la valeur industrielle dépend souvent de la main, du poignet, de la perception rapprochée et de la répétabilité sur de petites pièces.

Notre analyse

Ces Jeux ne sont pas une certification industrielle au sens strict. Les règles sont établies par les organisateurs, pas par un organisme de normalisation comme l’ISO ou l’IEEE. Mais le volume d’équipes et la multiplication des mesures quantitatives peuvent aider les constructeurs à comparer des plateformes dans des conditions plus lisibles.

Le message est aussi politique et industriel : Pékin veut faire de la compétition un banc d’essai pour l’IA incarnée, en rapprochant les démonstrations de scénarios monétisables. La question clé sera de savoir si les performances observées pendant les Jeux se traduisent ensuite en machines robustes, maintenables et utiles dans des environnements de production.

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