Un drone conçu pour se poser sur la glace
Ice Dart est un drone de recherche développé autour d’un objectif précis : atterrir sur des surfaces de glace raides, puis y rester accroché au lieu de continuer à voler en stationnaire. Le projet est porté par des chercheurs liés à l’Université de Sherbrooke et au laboratoire Createk, avec Alexis Lussier Desbiens parmi les auteurs cités par IEEE Spectrum.
La fiche scientifique publiée dans IEEE Transactions on Field Robotics présente le système comme une combinaison de train d’atterrissage dissipatif, de pieds à micro-épines et de poussée inverse. L’ensemble vise les environnements où un drone classique consommerait trop d’énergie en vol stationnaire, ou ne trouverait pas de zone d’atterrissage plane et stable.
Micro-épines et train d’atterrissage dissipatif
Le drone pèse 2,65 kg et utilise une structure en fibre de carbone. Ses quatre jambes sont disposées en X et montées sur un pivot. Lors du contact avec la surface, le train d’atterrissage absorbe une partie de l’impact, notamment grâce à des amortisseurs à friction composés de disques. Cette architecture abaisse le centre de masse pendant l’atterrissage et répartit l’énergie de l’impact.
La partie la plus spécifique du système se trouve dans les pieds. Chaque pied intègre deux épines rétractables, une pour l’appui amont et une pour l’appui aval. Les épines ne s’engagent dans la glace que lorsque la suspension se comprime. L’objectif est de fournir de l’accroche au bon moment, sans exposer les pointes à des efforts inutiles pendant l’approche.
Essais sur glacier et usages envisagés
D’après IEEE Spectrum, les essais décrits dans l’étude ont eu lieu sur des icebergs et un glacier du sud-est de l’Islande, dans des températures de 0 à 10 degrés Celsius et avec du vent persistant. Ice Dart a réussi à se poser sur des pentes allant jusqu’à 58 degrés, avec des vitesses d’approche allant jusqu’à 3 m/s et des vents de 30 km/h.
L’intérêt opérationnel est de transformer un drone volant en capteur posé. Une fois au contact de la glace, l’appareil peut réduire fortement sa consommation, devenir silencieux et prolonger ses observations. Les chercheurs envisagent notamment le suivi d’icebergs, l’appui à la détection par navires et des mesures de terrain en zone arctique.
Un prototype encore en maturation
Ice Dart reste un prototype de recherche. Les travaux cités mentionnent encore des développements à poursuivre, dont la sélection autonome des sites d’atterrissage et une capacité de décollage d’urgence si l’iceberg se retourne ou se fracture. Cette limite est importante : le projet documente une approche prometteuse pour l’observation polaire, mais pas encore un produit commercial.
