Taihan Cable & Solution et Panstar Robotics vont développer en Corée du Sud un robot sous-marin destiné à enfouir des câbles électriques. Le projet vise les liaisons HVDC et les parcs éoliens en mer, un marché où les équipements et les opérateurs spécialisés sont encore largement importés.
Les deux entreprises ont signé le 19 août un protocole d’accord portant sur le robot téléopéré, ou ROV, et son système de conduite. Après le développement, elles prévoient des essais en conditions réelles avant une commercialisation.
Un robot adapté aux eaux coréennes
La pose d’un câble ne s’arrête pas à son déroulement depuis un navire. Il faut souvent l’enfouir sous le fond marin pour le protéger des ancres, des engins de pêche et des mouvements sédimentaires. Le robot doit travailler près du câble, creuser ou fluidifier le sol, contrôler sa trajectoire et rester stable malgré les courants.
Taihan souligne les contraintes de la côte sud-ouest coréenne : courants forts, eau trouble et faibles profondeurs. Ces conditions compliquent la perception, les communications et le pilotage. Le projet doit donc aboutir à un équipement optimisé pour cet environnement plutôt qu’à l’adaptation d’une plateforme générique.
Panstar Robotics apporte ses compétences en robotique marine et en systèmes de contrôle fondés sur l’IA. La société est issue de l’écosystème du Korea Institute of Robotics and Technology Convergence. Taihan apporte de son côté son expérience de la conception, de la fabrication, du transport et de la pose des câbles.
Compléter une chaîne industrielle sous-marine
Pour Taihan, disposer de son propre robot d’enfouissement permettrait de proposer une prestation plus intégrée. L’entreprise veut couvrir la fabrication du câble, son transport, sa pose puis sa protection sous le fond marin, sans dépendre autant de machines et de spécialistes étrangers.
Le groupe relie ce projet au vaste programme de réseau électrique de la côte ouest sud-coréenne, évalué à 11 500 milliards de wons, soit environ 8,3 milliards de dollars. Les liaisons à courant continu haute tension doivent transporter de grandes quantités d’électricité sur de longues distances avec des pertes limitées.
Une annonce de développement à confirmer sur le terrain
Le partenariat ne correspond pas encore à un robot opérationnel. Les caractéristiques de la plateforme, son calendrier et ses performances n’ont pas été détaillés. Les essais en mer seront donc déterminants pour mesurer sa précision d’enfouissement, sa résistance aux courants et sa capacité à travailler dans une eau peu visible.
Les partenaires envisagent aussi des programmes nationaux de recherche et un débouché à l’export. Avant cela, ils devront démontrer que leur ROV peut réduire la dépendance aux prestataires étrangers sans déplacer le risque vers la fiabilité ou la disponibilité du chantier.
Sources : Seoul Economic Daily et Ocean News & Technology.
