La jeune société bruxelloise Motion a levé 2 millions de dollars pour transformer cinq pilotes belges en déploiements commerciaux de robots humanoïdes. Son offre regroupe le choix du robot, son entraînement, son intégration, l’assurance, la maintenance et le logiciel de gestion de flotte dans un abonnement mensuel.
Le tour de préamorçage est mené par Extantia Capital, avec la participation de Norrsken Evolve. Motion prévoit d’utiliser ces fonds pour agrandir son parc de robots, recruter et développer son activité dans le Benelux. La société, créée en 2026, ne fabrique pas ses propres humanoïdes : elle se présente comme une couche de déploiement indépendante des constructeurs.
Cinq pilotes dans l’industrie et la logistique
Les cinq programmes déjà engagés concernent des entreprises industrielles, des entrepôts et des acteurs de la logistique en Belgique. Selon Motion, les robots y apprennent notamment à charger des produits dans des bacs, emballer des contenants dans des cartons et déposer des composants sur des convoyeurs. L’objectif annoncé est maintenant de faire passer ces essais à une exploitation à l’échelle commerciale.
Le modèle économique cherche à réduire les obstacles qui apparaissent après le choix du matériel. Motion facture une mensualité couvrant la collecte de données, la sélection de la plateforme, l’apprentissage des tâches, l’intégration aux systèmes informatiques, la gestion de flotte, le financement, l’assurance, la conformité et la maintenance. Le contrat proposé sur son site s’étend sur 36 mois et prévoit une option d’achat.
Pour entraîner un robot, la société indique enregistrer d’abord le geste d’un opérateur avec une caméra légère. La ligne de production est ensuite reconstruite en simulation, puis les cas particuliers sont travaillés par téléopération sur le site du client. Motion avance un délai typique de douze à quinze semaines entre l’audit et le fonctionnement autonome.
Une approche indépendante du constructeur
Motion veut pouvoir choisir un modèle différent selon la charge utile, la complexité du geste ou les contraintes du site. Cette indépendance constitue le cœur de sa proposition : l’entreprise cliente ne doit ni sélectionner seule un constructeur ni constituer sa propre équipe robotique. Un programme destiné aux intégrateurs et spécialistes de l’automatisation doit aussi leur permettre d’utiliser cette plateforme auprès de leurs propres clients.
Cette souplesse reste à démontrer à grande échelle. Les robots humanoïdes ne sont pas encore interchangeables, et leurs performances dépendent fortement du matériel, de l’environnement et de la quantité de données recueillies. Le passage de cinq pilotes à plusieurs installations en production sera donc un test important pour le modèle par abonnement.
Pourquoi ce financement compte
Avec seulement 2 millions de dollars, Motion dispose d’un financement modeste comparé aux levées des fabricants d’humanoïdes. Mais l’entreprise s’attaque à une autre partie du marché : rendre les robots accessibles aux usines qui ne peuvent pas absorber seules le coût, les risques et la complexité d’un déploiement. Si les premiers pilotes atteignent effectivement la production, l’expérience donnera une mesure concrète de la capacité des humanoïdes à quitter les démonstrations pour des tâches répétitives en Europe.
Sources : Motion, Tech Funding News et Tech.eu.
