Le petit robot humanoïde D1 a travaillé pendant 35 heures au sein de l’hôpital Juko Osu, à Nagoya. Ce premier essai en milieu médical a porté sur cinq tâches concrètes : guider des visiteurs, transporter des objets, préparer du thé, débarrasser des plateaux et animer des exercices. Son constructeur japonais ZEALS affirme n’avoir enregistré ni chute ni contact avec une personne pendant l’expérimentation.
ZEALS présente le premier essai hospitalier de D1 : 35 heures de fonctionnement pour cinq familles de tâches.
— Masa / ZEALS (30 août 2026)
Un humanoïde compact conçu pour les espaces étroits
D1 mesure environ 1,30 mètre de haut pour 48 centimètres de large. Ce gabarit doit lui permettre de circuler dans des couloirs et des chambres qui n’ont pas été conçus pour des machines de grande taille. Contrairement aux humanoïdes bipèdes les plus médiatisés, le robot se déplace sur une base roulante. Ce choix réduit la complexité de la locomotion et privilégie la stabilité dans un environnement fréquenté par des patients et des soignants.
Ses bras sont équipés de capteurs destinés à limiter les risques en cas de contact. Dans le reportage de TV Aichi consacré à l’essai, D1 répond à une demande de guidage vers le service de radiologie, récupère un plateau après un repas et actionne une machine pour servir du thé. Le robot a également participé à une activité collective avec des patients.
Cinq tâches testées, mais pas encore un déploiement commercial
Les 35 heures annoncées donnent une première indication sur l’endurance opérationnelle du système, sans constituer un test indépendant ni une validation à grande échelle. ZEALS ne précise pas encore le nombre d’interventions réalisées, le taux de réussite par tâche ou la fréquence des reprises humaines. Les résultats de sécurité communiqués doivent donc être lus comme ceux d’un pilote encadré.
L’intérêt de l’expérience tient surtout à son cadre. Un hôpital impose des contraintes plus strictes qu’un salon professionnel : passages étroits, personnes vulnérables, rythme de travail variable et nécessité de ne pas gêner les équipes. Le personnel doit aussi pouvoir reprendre la main rapidement si le robot hésite ou rencontre une situation imprévue.
Une réponse ciblée au manque de personnel
ZEALS ne présente pas D1 comme un remplaçant des soignants. Les tâches retenues sont répétitives et périphériques aux actes médicaux. En déchargeant une partie du transport, du service ou de l’orientation, le constructeur espère réserver davantage de temps humain à l’accompagnement des patients.
L’hôpital Juko Osu prévoit de poursuivre les expérimentations avant toute adoption. Les prochaines étapes devront notamment mesurer la fiabilité sur une durée plus longue, l’acceptation par les patients et le personnel, ainsi que le coût réel d’exploitation. Pour D1, ce premier passage de la démonstration au terrain apporte néanmoins une donnée rare : le robot a déjà été confronté pendant plusieurs dizaines d’heures aux contraintes ordinaires d’un établissement de santé.
Sources : ZEALS ; TV Aichi News.
