Le robot humanoïde North de Sharpa est passé derrière le comptoir d’un Dairy Queen à Shanghai. Le constructeur affirme qu’il réalise de bout en bout la préparation d’un Blizzard, une séquence de 50 à 60 gestes effectuée avec le matériel et les emballages déjà présents dans le restaurant.
Cette démonstration dépasse le simple service d’un produit fini. North doit ouvrir un meuble, prendre un gobelet, installer une bague métallique, actionner la machine à glace, ajouter les morceaux d’Oreo, mélanger la préparation puis retourner le gobelet. Sharpa présente l’opération comme un service effectué face à de vrais clients dans une cuisine en activité à Shanghai.
Une longue séquence sans équipement adapté au robot
Selon la page officielle consacrée au déploiement, le restaurant n’a pas modifié ses poignées, ses machines ni ses consommables pour faciliter le travail du robot. Ce point est important : de nombreux systèmes de restauration automatisée reposent sur une cellule dédiée, fermée et conçue autour du mécanisme. North évolue ici dans un poste prévu pour des employés humains.
Le robot doit notamment maintenir une bague contre un gobelet en papier pendant le mélange. Une prise trop faible ferait glisser l’ensemble ; une force excessive écraserait le contenant. Sharpa indique utiliser le retour tactile de ses mains Wave pour ajuster la pression en continu. Le constructeur revendique 22 degrés de liberté par main et 67 pour le robot complet.
North manipule le gobelet et la machine à glace dans la cuisine de Dairy Queen. Vidéo : Sharpa.
La mémoire de progression compte autant que la dextérité
La préparation impose aussi de suivre l’avancement d’une recette. Pour un Blizzard Oreo, le robot doit ajouter trois doses successives d’un ingrédient alors que la scène observée change peu d’une dose à l’autre. Sharpa explique que son système combine un modèle léger de l’état physique suivant, un modèle vision-langage-action pour la trajectoire et une boucle tactile plus rapide pour la prise.
Une vidéo diffusée le 29 août, puis une séquence plus longue apparue dans la timeline RoboActu le 31 août, montrent le robot enchaînant les principales étapes. Le constructeur ne fournit toutefois pas encore de taux de réussite, de cadence par commande, de durée de service cumulée ni de données sur les interventions humaines. Il reste donc impossible de comparer ce pilote à la productivité d’un équipier ou à celle d’une machine spécialisée.
Humanoid ice cream maker, now on shift in Shanghai. Sharpa’s wheeled North is behind the counter at DQ on Wujiang Road.
— CyberRobo (@CyberRobooo) 31 août 2026
Un test public pour la robotique de service
L’intérêt du pilote tient à son environnement ouvert et à la longueur de la tâche. Un robot de service utile doit gérer des objets déformables, des outils conçus pour l’humain et des variations de position sans repartir de zéro à chaque geste. Le test de Shanghai montre une chaîne cohérente, mais sa valeur industrielle dépendra de mesures répétées : commandes réussies, temps moyen, incidents, nettoyage et disponibilité sur plusieurs semaines.
Sharpa présente North comme une plateforme destinée à la restauration, à l’hôtellerie et à l’industrie. Le passage chez Dairy Queen fournit un premier cas concret visible. Il ne démontre pas encore qu’un humanoïde peut tenir durablement un poste complet, mais il déplace l’évaluation vers les contraintes réelles d’un service continu.
