Figure a signé avec l’opérateur de cloud Nscale un accord pluriannuel pouvant mobiliser jusqu’à 100 000 GPU NVIDIA Vera Rubin. L’entreprise de robotique prévoit d’engager 3,5 milliards de dollars dans un premier temps, puis de dépasser 6 milliards pour développer l’intelligence de ses humanoïdes.
Une capacité de calcul dédiée à Helix
L’accord doit fournir à Figure les ressources nécessaires pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle et faire progresser ses robots. L’entreprise cite notamment Helix, son modèle propriétaire destiné à relier perception, langage et action sur un humanoïde.
Le plafond annoncé de 100 000 GPU repose sur la future plateforme Vera Rubin de NVIDIA. Il ne correspond donc pas à un parc déjà installé. Figure et Nscale présentent une montée en charge progressive : un engagement initial de 3,5 milliards de dollars, puis une extension susceptible de porter la valeur totale au-delà de 6 milliards.
Cette distinction est importante. La capacité maximale dépendra du déploiement effectif de l’infrastructure, de la disponibilité des puces et des besoins de Figure. L’annonce fixe une ambition contractuelle, pas un résultat opérationnel déjà atteint.
Le calcul devient une composante de l’usine à robots
Pour un constructeur d’humanoïdes, le calcul ne sert pas seulement à concevoir un robot. Il alimente l’apprentissage à partir de vidéos et de démonstrations, la simulation de scénarios physiques, l’amélioration des politiques de mouvement et la validation avant un essai sur une machine réelle.
Figure veut aussi accumuler des données issues de ses propres robots et de démonstrations humaines. Plus cette base grandit, plus l’entreprise doit entraîner et tester de nouvelles versions de ses modèles. Le partenariat avec Nscale vise à transformer cette demande irrégulière en capacité réservée sur plusieurs années.
Le choix de Vera Rubin inscrit également l’accord dans un calendrier futur. NVIDIA présente cette architecture comme la génération appelée à succéder à Blackwell. Figure parie donc sur une infrastructure qui devra accompagner plusieurs générations de ses humanoïdes, et pas seulement le matériel actuellement montré au public.
Une course industrielle autant que logicielle
Les constructeurs d’humanoïdes se distinguent habituellement par l’autonomie, la charge utile, la dextérité ou les premiers déploiements. L’accord Figure-Nscale met en évidence une autre barrière : financer assez de calcul pour entraîner un système généraliste tout en continuant à produire le matériel.
Le montant initial place cette infrastructure au niveau des grands projets d’IA. Il ne garantit toutefois ni un coût unitaire compétitif ni une adoption industrielle. Figure devra encore montrer que les progrès de Helix se traduisent par des tâches fiables, répétables et sûres sur des robots fabriqués en série.
L’enjeu concret sera donc mesurable dans les prochaines démonstrations et chez les clients : davantage de tâches apprises, moins d’interventions humaines et une généralisation plus robuste. Le nombre de GPU décrit l’ampleur du pari ; les performances physiques diront s’il produit un avantage réel.
Sources : annonce officielle de Figure et dépêche Reuters syndiquée.
