Quinze robots développés en Europe ont été réunis au Parlement européen à Bruxelles pour démontrer des tâches d’assistance, de logistique et de recyclage. Le réseau euROBIN voulait montrer des machines capables d’agir dans des environnements humains, tout en soulignant l’écart entre la recherche européenne et son passage à l’échelle industrielle.
Une table débarrassée par quatre robots
Quatre robots d’assistance conçus notamment par l’Inria et le Centre aérospatial allemand DLR ont coopéré pour débarrasser une table de petit-déjeuner. En dix minutes, les machines ont rangé du lait et du jus d’orange dans un réfrigérateur, jeté des emballages, nettoyé une surface et chargé un lave-vaisselle.
La démonstration a privilégié la précision à la vitesse. Les robots se déplaçaient lentement et certains gestes ont demandé plusieurs tentatives. Cette prudence répond à une contrainte centrale de la robotique de service : travailler près des personnes sans créer de mouvements brusques ni de risques inutiles.
À quelques mètres, un bras robotisé du CEA démontait une maquette de batterie électrique afin d’illustrer une application de recyclage. Le programme réunissait ainsi des usages domestiques et industriels, plutôt qu’un seul type de machine.
KYON et Transformer changent de forme
Le quadrupède KYON, développé par l’Institut italien de technologie pour la logistique, a effectué sa première présentation publique. Il s’est abaissé pour saisir un colis avant de le remettre à une personne. La scène visait à montrer qu’un robot à pattes peut prendre en charge un objet sans dépendre d’un équipement de manutention fixe.
Le robot Transformer de l’ETH Zurich a, lui, modifié sa configuration en passant de quatre à deux appuis, puis en revenant sur quatre pattes. Il a aussi franchi des escaliers. Cette capacité à changer de forme cherche à combiner stabilité, mobilité et adaptation à des passages conçus pour les humains.
Ces essais restent des démonstrations de recherche. Ils ne constituent pas une preuve de productivité industrielle, mais permettent de comparer les progrès de plusieurs équipes dans un même lieu et devant des décideurs publics.
L’Europe veut transformer ses laboratoires en industrie
euROBIN est un réseau financé par l’Union européenne. Son coordinateur, Alin Albu-Schäffer, estime que l’Europe pourrait bâtir en dix ans une branche robotique comparable par son importance à l’industrie automobile. Il avance l’objectif d’un tiers du marché mondial de la robotique intelligente.
Les participants ont toutefois insisté sur le financement et la transformation des prototypes en entreprises capables de produire en volume. L’Europe dispose d’instituts reconnus et de briques technologiques solides, mais les États-Unis et la Chine investissent plus rapidement dans l’industrialisation.
La présentation de Bruxelles fournit donc deux lectures. Elle montre des robots européens capables de coopérer, manipuler, livrer et recycler. Elle rappelle aussi que leur succès dépendra moins d’une démonstration spectaculaire que de leur fiabilité, de leur coût et de leur déploiement hors des laboratoires.
Sources : reportage vidéo Euronews et dépêche AFP publiée par France 24.
