Meta prépare des licenciements de grande ampleur. Selon Reuters, qui a révélé l’information vendredi matin, les coupes pourraient toucher 20 % ou plus des effectifs de l’entreprise. Avec 79 000 employés fin 2025, cela représenterait environ 16 000 postes supprimés, ce qui en ferait la réduction d’effectifs la plus importante chez Meta depuis 2022.
Financer l’IA : le calcul de Zuckerberg
La logique est directe : Meta s’est engagée à investir environ 600 milliards de dollars dans des data centers d’ici 2028. L’entreprise a aussi recruté des chercheurs en IA avec des packages de rémunération valant plusieurs centaines de millions de dollars sur quatre ans, pour alimenter sa nouvelle équipe sur la superintelligence, dirigée par Alexandr Wang, ex-PDG de Scale AI.
Pour financer ces paris massifs tout en satisfaisant Wall Street, Meta cherche des économies ailleurs. La masse salariale est le levier le plus évident. Certains managers ont déjà été sollicités pour préparer des plans de réduction de coûts, selon deux sources proches de Business Insider, sans que le périmètre ni le calendrier ne leur aient été communiqués. Les coupes pourraient intervenir dans le mois qui suit, selon une personne familière de la situation.
Un mouvement qui dépasse Meta
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large. En quelques semaines, Atlassian a annoncé la suppression de 1 600 postes, soit 10 % de ses effectifs, en citant l’IA et la recherche d’efficacité. Block, la fintech de Jack Dorsey, a aussi réduit ses effectifs, Dorsey affirmant que les nouveaux outils d’IA permettent de faire plus avec moins de personnes.
Le schéma se répète dans toute la Silicon Valley : les grandes entreprises technologiques parient qu’elles peuvent construire plus vite et moins cher avec des équipes réduites, à mesure que l’IA se substitue à certaines fonctions auparavant assurées par des humains. Ce que l’on appelait encore récemment « l’optimisation » prend désormais des proportions qui redessinent les organigrammes.
Une équipe de superintelligence en parallèle
Pendant que des milliers d’emplois sont menacés, Meta construit en parallèle son équipe de recherche sur la superintelligence. L’objectif affiché est de recruter les meilleurs chercheurs en IA au monde, quitte à leur offrir des conditions financières hors normes. Alexandr Wang, qui a fondé Scale AI, a été débauché pour piloter ce chantier.
Lors des résultats trimestriels de janvier, Mark Zuckerberg avait dit aux investisseurs que Meta allait « élever la contribution individuelle » de ses employés grâce à l’IA. Les licenciements pressentis donnent un contenu concret à cette formule : moins de personnes, mais des systèmes plus puissants pour compenser. Un pari qui résume la stratégie de l’ensemble de l’industrie technologique en 2026.