SSEN Transmission étend à huit robots son dispositif d’inspection autonome dans les postes de conversion à courant continu haute tension du nord de l’Écosse. Sept nouvelles machines de Ross Robotics rejoignent Haggis, le robot déjà testé pendant deux ans à Blackhillock.
Le déploiement concerne les installations de Kergord, Blackhillock et Spittal, ainsi que le poste de commutation à courant continu de Noss Head, près de Wick. Il doit faire passer une expérimentation locale à un usage quotidien sur plusieurs sites critiques du réseau électrique.
Plus de 5 000 inspections autonomes en un an
SSEN prévoit plus de 5 000 inspections autonomes au cours des douze prochains mois. Ensemble, les robots devraient parcourir plus de 1 700 kilomètres dans les halls électriques, soit approximativement la distance entre Perth et Rome. Ils produiront des rapports réguliers sur l’état des équipements et leurs conditions de fonctionnement.
Ces environnements posent un problème particulier aux équipes humaines. Quand les installations HVDC sont sous tension, certains espaces ne sont pas accessibles en raison des niveaux électriques extrêmes. Les robots peuvent y effectuer une surveillance quotidienne sans interrompre l’exploitation et transmettre les observations aux opérateurs.
Le premier robot, surnommé Haggis après un concours organisé avec des écoles locales, a servi de banc d’essai pendant deux ans. Le programme résulte de trois années de collaboration entre SSEN Transmission et Ross Robotics. Le passage à une flotte de huit machines montre que l’opérateur estime désormais la plateforme suffisamment éprouvée pour un service durable.
Des images thermiques et ultraviolettes
Durant l’essai, la plateforme a notamment capturé les premières images thermiques et ultraviolettes d’équipements sous tension dans les halls HVDC du réseau. La surveillance des températures et des conditions d’exploitation doit aider les ingénieurs à repérer plus tôt les anomalies, à préciser les diagnostics et à décider quand entretenir ou remplacer un actif.
L’intérêt du projet ne tient donc pas seulement au remplacement d’une ronde. Des passages répétés selon un protocole identique peuvent constituer un historique comparable dans le temps. SSEN cherche ainsi à suivre l’évolution d’un composant avant qu’un défaut ne devienne visible lors d’une inspection ponctuelle.
Le partenariat est conclu sous la forme d’un service robotique sur cinq ans. En parallèle, le projet ODIN, financé par le Strategic Innovation Fund, étudie l’ajout d’outils d’intelligence artificielle aux inspections. L’objectif annoncé est d’extraire des informations plus précises sur l’état des actifs et de progresser vers une maintenance prédictive.
Un déploiement industriel plutôt qu’une démonstration
Pour Ross Robotics, cette extension marque le passage des pilotes à l’exploitation continue. Le critère décisif sera la qualité des données obtenues sur plusieurs milliers de missions, mais aussi la capacité des robots à fonctionner de manière régulière dans des installations différentes.
Pour SSEN, l’enjeu est concret : surveiller des infrastructures difficiles d’accès tout en réduisant l’exposition du personnel et en évitant les arrêts inutiles. La flotte ne supprime pas l’expertise des ingénieurs. Elle leur donne un moyen supplémentaire d’observer des équipements en fonctionnement et de concentrer les interventions humaines là où elles sont nécessaires.
Sources : Shetland News et Shetland Times.
