LG Electronics, Nota et Mobilint vont développer en Corée du Sud un robot humanoïde capable d’exécuter localement un modèle vision-langage-action. Le projet s’appuiera sur un processeur neuronal conçu dans le pays, avec l’objectif de limiter la dépendance au cloud pour la perception et le contrôle.
Le consortium a été retenu dans le volet humanoïde du programme public K-On-Device AI Semiconductor Technology Development, piloté par le ministère sud-coréen du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie avec l’institut KEIT. L’annonce a été faite le 8 septembre par Nota, spécialiste de l’optimisation de modèles d’intelligence artificielle.
Un humanoïde dont le modèle VLA tourne à bord
LG Electronics supervisera l’ensemble du projet et prendra en charge le système robotique. Mobilint fournira le NPU, c’est-à-dire l’accélérateur dédié aux calculs d’intelligence artificielle. Nota adaptera pour sa part le modèle vision-langage-action, ou VLA, au processeur et aux contraintes de fonctionnement du robot.
Un modèle VLA relie les images captées par les caméras, les instructions formulées en langage naturel et les actions physiques à exécuter. Pour le faire fonctionner sur une enveloppe de calcul et d’énergie limitée, Nota prévoit notamment d’employer la compression de jetons, la quantification, l’élagage du réseau et la distillation de connaissances.
Le projet vise un humanoïde autonome capable de reconnaître son environnement et d’accomplir des tâches dans des espaces complexes. Les partenaires ne précisent toutefois ni le calendrier de présentation d’un prototype, ni les performances attendues, ni le modèle exact de NPU. À ce stade, il s’agit donc d’un programme de développement, pas de l’annonce d’un robot prêt à être commercialisé.
Réduire la latence et les échanges avec le cloud
L’exécution locale doit raccourcir le délai entre la perception et la commande des moteurs, un point important pour manipuler des objets ou réagir à un changement de situation. Elle réduit aussi la quantité de données sensibles envoyées vers des serveurs externes et peut diminuer la consommation liée aux communications.
Cette architecture reste exigeante. Les modèles VLA sont lourds, tandis qu’un humanoïde doit partager son budget énergétique entre le calcul, les capteurs et les actionneurs. Le travail annoncé porte précisément sur cet arbitrage : conserver assez de capacités de perception et de raisonnement tout en respectant les limites du matériel embarqué.
Une filière coréenne du calcul robotique
La répartition des rôles illustre une volonté industrielle plus large. LG apporte l’intégration du robot, Mobilint le composant de calcul et Nota la couche logicielle qui doit rendre le modèle exploitable sur ce composant. Le programme public cherche ainsi à relier conception de semi-conducteurs, optimisation de modèles et robotique dans une même chaîne nationale.
Nota indique vouloir étendre cette technologie d’IA embarquée à d’autres robots, aux véhicules et aux équipements industriels. La portée réelle du projet dépendra néanmoins des démonstrations physiques à venir : autonomie, précision des gestes, consommation et robustesse en environnement non contrôlé seront les indicateurs déterminants.
