Zeus Robotics doit déployer à la mi-octobre son robot mobile ZERA à Erlanger Hospital, dans le Tennessee. Ce pilote de trois mois sera la première mise en service de la jeune entreprise et portera sur le transport d’échantillons de laboratoire entre les services.
Le projet a été annoncé par Vivek Thankachan, cofondateur et directeur général de Zeus Robotics, au Chattanooga Times Free Press. Les équipes ont déjà réalisé l’évaluation du site. À partir de la mi-octobre, ZERA devra déplacer du sang, des prélèvements, des écouvillons ou des biopsies dans les couloirs de l’hôpital.
Un bras robotisé pour franchir les portes et prendre l’ascenseur
ZERA combine une base mobile autonome et un bras articulé. Celui-ci doit lui permettre d’ouvrir des portes et d’utiliser les ascenseurs, deux obstacles qui limitent souvent les robots logistiques à une zone ou à un seul étage. Le robot s’appuie aussi sur une vision par intelligence artificielle et une navigation LiDAR 3D, selon la présentation officielle de Zeus Robotics.
Le système comporte deux compartiments fermés. Pour les ouvrir au départ comme à l’arrivée, le personnel doit s’authentifier par biométrie. Zeus affirme également que le robot ne se connecte ni au Wi-Fi de l’établissement ni à ses autres réseaux de télécommunications, et qu’il ne stocke aucune donnée patient. Ces choix doivent limiter l’exposition des échantillons et des informations sensibles pendant les trajets.
Le pilote vise d’abord une tâche très définie : retirer aux soignants des déplacements internes répétitifs, sans leur confier d’acte clinique. Erlanger explique vouloir travailler avec une entreprise locale partageant son engagement pour la santé de la communauté. Zeus Robotics, créée depuis environ un an, présente cette expérimentation comme une étape de validation en conditions réelles.
Trois mois pour mesurer l’intégration dans les flux hospitaliers
Les partenaires n’ont pas publié de volume quotidien attendu, de distance à parcourir ni d’objectif chiffré de disponibilité. L’enjeu du test sera donc moins une démonstration ponctuelle que la capacité à s’insérer dans le rythme d’un hôpital : appels d’ascenseur, circulation avec le public, remise des prélèvements à la bonne personne et maintien du service sur plusieurs semaines.
Si l’essai est concluant, Zeus envisage d’élargir les missions de ZERA aux documents, au linge, à d’autres fournitures et éventuellement aux médicaments. Chacun de ces usages ajouterait toutefois ses propres contraintes de traçabilité et de sécurité.
Notre analyse
Ce premier déploiement est intéressant parce qu’il confronte un robot généraliste de logistique à des exigences hospitalières concrètes. L’usage d’un bras pour les portes et les ascenseurs peut réduire les adaptations fixes du bâtiment, mais augmente aussi le nombre d’interactions à fiabiliser.
La durée de trois mois permettra d’observer les incidents rares et l’acceptation par les équipes, deux dimensions qu’une démonstration ne mesure pas. Pour juger le résultat, il faudra connaître le taux de missions terminées sans intervention, les temps de livraison, les interruptions de service et le temps réellement rendu au personnel. Zeus et Erlanger n’ont pas encore communiqué ces indicateurs.
