L’hôpital Émile-Roux déploie le robot CORI pour les prothèses du genou

Un chirurgien orthopédiste utilise une assistance robotique portative lors d’une intervention du genou
Illustration de l’assistance robotique portative utilisée sous le contrôle du chirurgien pour préparer une prothèse du genou.

Le centre hospitalier Émile-Roux du Puy-en-Velay utilise désormais une assistance robotique de Smith+Nephew pour les prothèses du genou. L’établissement programme environ trois interventions robot-assistées par journée opératoire.

Le déploiement a été présenté lors du Digital Day organisé le 1er octobre 2026 au Puy-en-Velay. Le docteur Hubert Petit, chirurgien orthopédiste au sein d’une équipe de quatre praticiens, a détaillé les premiers usages du système auprès du média local Zoomdici.

Une cartographie 3D réalisée pendant l’opération

L’appareil correspond aux caractéristiques du système CORI de Smith+Nephew. Il ne réalise pas l’intervention seul : le chirurgien garde en main l’outil de fraisage et contrôle chaque mouvement. Le logiciel délimite une zone de travail virtuelle autour de l’os et peut rétracter la fraise si l’instrument approche d’une zone à protéger ou si la jambe bouge.

La planification repose sur une modélisation en trois dimensions de l’articulation produite au bloc opératoire. Cette cartographie dite « sans image » évite, pour les indications concernées, de bâtir le plan à partir d’un scanner préopératoire. Le praticien peut aussi évaluer l’équilibre ligamentaire et ajuster le positionnement de l’implant pendant l’intervention.

Le système utilise une fraise motorisée annoncée à 60 000 tours par minute. Smith+Nephew présente CORI comme une plateforme compacte de robotique portative pour les reconstructions articulaires. Son logiciel couvre notamment les prothèses totales et partielles du genou, tandis que d’autres indications sont progressivement ajoutées.

Des premiers résultats encore à consolider

Le docteur Hubert Petit rapporte une récupération plus rapide chez les premiers patients revus par son équipe. Il cite des flexions allant jusqu’à 142 degrés six semaines après l’intervention et une douleur postopératoire faible. Ces observations proviennent toutefois des premiers cas suivis localement : elles ne constituent pas, à elles seules, une étude comparative.

L’hôpital indique proposer la technique sans surcoût spécifique pour les patients, dans le cadre habituel de prise en charge. Le matériel représente un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros. L’établissement prend en charge les instruments motorisés et les capteurs selon un montage inscrit dans la commande publique.

La réduction du nombre de boîtes d’instruments est un autre objectif. L’équipe évoque un passage de douze boîtes à neuf, voire quatre selon les cas. À 30 euros de stérilisation par boîte, l’hôpital estime les économies annuelles entre 30 000 et 60 000 euros, avec une baisse associée de la consommation d’eau et de l’énergie nécessaire au retraitement.

Un outil local, sans connexion au cloud

Le système fonctionne localement et n’envoie pas le nom du patient dans un service en ligne, selon les informations présentées par l’établissement. Il est relié au réseau électrique de secours et dispose d’une batterie annoncée pour quatre heures. Ces choix visent à maintenir l’outil disponible au bloc tout en limitant l’exposition des données.

Notre analyse

Ce déploiement illustre une évolution concrète de la robotique chirurgicale : des plateformes plus compactes peuvent entrer dans des hôpitaux territoriaux, sans nécessiter un robot autonome ni une salle entièrement repensée. La valeur devra maintenant être mesurée sur un nombre plus important de patients, notamment pour la précision des implants, la durée d’hospitalisation, les complications et le coût complet par intervention.

Le suivi des résultats sera d’autant plus important que les bénéfices annoncés associent qualité des soins, organisation du bloc et économies de stérilisation. La robotique apporte ici un guidage précis, mais la décision et le geste restent sous la responsabilité du chirurgien.

Sources : Zoomdici et Smith+Nephew.

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