Panasonic Holdings prévoit de développer son propre robot humanoïde et vise un début de production en 2029. Le groupe japonais veut d’abord utiliser ces machines dans ses usines et ses entrepôts, selon un entretien accordé par son directeur de l’intelligence artificielle, Akira Sakakibara, à Nikkei Asia.
Le projet place un nouvel industriel généraliste sur le marché des humanoïdes professionnels. Panasonic ne part pas d’une page blanche en matière d’automatisation, de composants et de batteries, mais il n’a pas encore présenté de prototype ni donné de caractéristiques techniques publiques pour cette future machine.
Les usines et entrepôts comme premier terrain
La priorité annoncée est interne. Panasonic entend tester ses robots dans des environnements qu’il connaît déjà, notamment la production et la logistique. Ce choix permettrait au groupe de contrôler les tâches, les équipements voisins et les règles de sécurité avant d’envisager une offre plus large.
L’objectif de 2029 reste un calendrier industriel, pas une date de commercialisation détaillée. Aucun volume de production, prix, site d’assemblage ou client externe n’est communiqué. La forme finale du robot, son degré d’autonomie et les tâches qu’il devra accomplir ne sont pas davantage précisés.
Panasonic met en avant son activité de batteries comme l’un de ses avantages potentiels. Pour un humanoïde, l’autonomie énergétique ne dépend pas seulement de la capacité de la batterie. La masse, le refroidissement, la sécurité, la puissance instantanée des actionneurs et le temps de recharge déterminent aussi la durée de travail utile. L’intégration de ces éléments peut compter autant que les performances de déplacement.
Un calendrier encore prudent
Le choix de commencer dans les propres installations du groupe réduit une partie du risque. Les postes peuvent être adaptés au robot, les incidents mesurés et les séquences répétitives documentées. Cette démarche est différente d’une promesse de robot polyvalent immédiatement capable d’évoluer dans n’importe quel bâtiment.
Le défi sera de dépasser la démonstration. Pour qu’un humanoïde apporte une valeur industrielle, il doit tenir un rythme régulier, manipuler des objets variés, fonctionner près des salariés et rester disponible malgré les chocs, la poussière ou les changements de poste. Les coûts de supervision et de maintenance devront également être comparés à ceux de robots spécialisés.
Panasonic rejoint ainsi une course déjà animée par des entreprises spécialisées et par de grands groupes industriels. Son intérêt réside dans sa capacité à réunir composants, énergie, production de masse et terrains d’essai internes. Mais l’absence de prototype public impose de traiter l’échéance 2029 comme un objectif, non comme une capacité acquise.
Les preuves attendues avant 2029
Les prochaines étapes décisives seront la présentation d’un matériel identifiable, la publication de tâches ciblées et la mesure de son endurance. Il faudra aussi connaître la stratégie logicielle : modèle développé en interne, partenariat ou intégration de technologies externes.
Un premier déploiement dans les usines de Panasonic constituerait une preuve plus solide qu’une vidéo de laboratoire. D’ici là, le projet confirme surtout que le groupe veut transformer son expertise en batteries et en automatisation en une plateforme robotique complète. Les résultats opérationnels diront si cet avantage se traduit réellement sur le terrain.
Sources : Nikkei Asia, Panasonic Holdings.
