Doosan obtient 98,9 milliards de wons pour développer des cobots dotés d’IA physique

Cobot P3020 de Doosan Robotics présenté dans un atelier industriel
Le cobot P3020 illustre la plateforme industrielle sur laquelle Doosan veut intégrer des puces d’IA embarquée.

Doosan Robotics va piloter deux programmes publics sud-coréens d’un montant total de 98,9 milliards de wons, soit environ 73 millions de dollars, pour développer des robots industriels dotés d’intelligence artificielle embarquée. Les projets portent sur des cobots, un humanoïde mobile à deux bras et le soudage de composants nucléaires.

L’État sud-coréen apportera 68,1 milliards de wons de subventions par l’intermédiaire du ministère de l’Industrie et de l’agence KEIT. Doosan complétera le financement à hauteur de 30,8 milliards de wons. L’objectif affiché est de construire une plateforme nationale d’« IA physique » reposant sur des semi-conducteurs conçus en Corée.

Trois cobots et un humanoïde industriel

Le premier programme durera quatre ans et demi. Doosan doit intégrer dans ses robots un système sur puce équipé d’un processeur neuronal et de fonctions de contrôle en temps réel. Le calcul sera effectué directement dans la machine, sans dépendre d’un serveur distant ni d’un ordinateur externe.

La puce devra traiter plusieurs types de données à la fois : vision, force, couple et voix. Cette architecture locale doit réduire la latence et limiter l’exposition de données sensibles. Doosan vise notamment la défense, l’énergie nucléaire et l’industrie biopharmaceutique, trois secteurs où une interruption réseau ou une fuite d’informations peut avoir des conséquences importantes.

Le constructeur prévoit trois modèles de cobots capables de porter respectivement 5, 10 et 20 kilogrammes. Il développera aussi un humanoïde industriel omnidirectionnel à deux bras, lui aussi équipé de la puce. La commercialisation est visée pour 2031. Le calendrier montre qu’il s’agit encore d’un programme de recherche et d’industrialisation, pas d’un produit immédiatement disponible.

Automatiser des soudures nucléaires complexes

Le second programme, prévu sur 45 mois, associera cobots, IA et jumeau numérique pour automatiser le soudage de haute précision de composants nucléaires. Le système doit reproduire les gestes d’un soudeur qualifié. Doosan fixe deux cibles : atteindre 95 % de correspondance avec les mouvements humains et réduire de moitié le temps de production.

Des essais seront menés dans les usines de Doosan Enerbility. Ils couvriront le pointage, le préchauffage et la soudure principale, avec l’objectif d’obtenir les certifications qualité exigées dans le nucléaire. La technologie pourrait ensuite être adaptée à la construction navale et à la défense.

Notre analyse

Le programme réunit trois priorités industrielles sud-coréennes : les robots collaboratifs, les puces d’IA locales et l’automatisation de métiers en tension. Le calcul embarqué est particulièrement pertinent lorsque les machines doivent réagir rapidement ou fonctionner dans un réseau isolé.

Les objectifs restent cependant lointains et ambitieux. La réussite ne se mesurera pas seulement aux performances de la puce, mais à la sûreté du contrôle, à la reproductibilité des soudures et au passage des certifications nucléaires. Les essais chez Doosan Enerbility seront donc plus déterminants que la seule annonce budgétaire.

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