Un brevet de dessin publié le 9 octobre par l’administration chinoise de la propriété intellectuelle montre le premier humanoïde conçu par BYD. Les images précisent son apparence et ses usages envisagés, mais elles ne constituent ni une présentation commerciale ni une preuve de performances.
Le document attribué au constructeur automobile décrit un « robot intelligent incarné » bipède, doté de deux bras, de deux jambes et de doigts articulés. Sa tête ovale présente une face sombre, tandis que des panneaux clairs couvrent une partie du torse et des membres. Des mécanismes restent visibles autour de la taille et des articulations.
Un brevet d’apparence, pas une fiche technique
Les dessins ont été publiés par la China National Intellectual Property Administration, selon CnEVPost et CarNewsChina. La description cite des applications dans les services, l’éducation et l’industrie, ainsi que des capacités générales de marche, d’équilibre et d’interaction.
La portée du document reste toutefois limitée. Un brevet de dessin protège d’abord l’apparence d’un produit. Il ne confirme pas la charge utile, l’autonomie, la vitesse, la précision, le système de contrôle ou le calendrier de fabrication. BYD n’a pas encore présenté officiellement un modèle commercial correspondant à ces images.
Cette distinction est importante car plusieurs caractéristiques circulent déjà au sujet d’un prototype surnommé « Xiao Di ». CarNewsChina évoque une taille de 1,61 mètre, une masse de 58,5 kg, 31 degrés de liberté et une main dont la précision de repositionnement atteindrait ±1 mm. BYD n’a pas confirmé que le robot du brevet reprenait cette configuration.
Une présentation annoncée, puis reportée
Fin juillet, BYD avait indiqué au China Securities Journal vouloir dévoiler un humanoïde en août dans son espace d’exposition Di Space. Au 9 octobre, cette présentation formelle n’avait toujours pas eu lieu. La publication du brevet apporte donc un élément nouveau sur le design, sans combler l’absence de produit détaillé.
Le constructeur travaille sur la robotique incarnée depuis plusieurs années. Il a aussi accueilli des humanoïdes Walker S1 d’UBTECH dans son usine de Changsha pour tester des tâches de manutention et d’identification. En juin, Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, avait évoqué à terme deux ou trois robots par concession afin d’accueillir les visiteurs et de présenter les véhicules.
BYD dispose d’un terrain d’essai industriel
L’intérêt du projet tient moins au dessin qu’à l’environnement dans lequel BYD pourrait le tester. Le groupe fabrique des véhicules, des batteries et de nombreux composants. Ses usines offrent des tâches répétitives, des flux logistiques et des contraintes de qualité propices à l’évaluation d’un robot avant une éventuelle utilisation face au public.
Cette intégration ne garantit pas un déploiement rapide. Passer d’un prototype à une machine productive suppose de mesurer la disponibilité, la sécurité, le coût de maintenance et le temps gagné sur une tâche précise. Aucun de ces indicateurs n’accompagne encore le brevet.
Un signal industriel à surveiller
Les images confirment que BYD prépare une plateforme humanoïde propre, en parallèle de ses collaborations et investissements dans l’écosystème robotique chinois. Elles montrent aussi que l’entreprise envisage des usages au-delà de l’usine, notamment dans ses espaces commerciaux.
La prochaine étape décisive sera une démonstration officielle avec des caractéristiques vérifiables. Tant que BYD n’aura pas publié le nom final, les capacités, le prix ou un calendrier de production, ce brevet doit être lu comme un jalon de conception, pas comme le lancement d’un robot prêt à travailler.


