La maison Champagne Gosset a installé une cellule de palettisation PE20 de Robotiq sur sa ligne d’Épernay. Le cobot, construit autour d’un bras Universal Robots, prend en charge des cartons pouvant peser jusqu’à 11,5 kg. L’investissement, estimé à 90 000 euros, doit réduire les gestes répétitifs sans modifier les opérations qui exigent encore le savoir-faire des équipes.
Selon le reportage publié le 13 octobre par Matot Braine, le système manipule plusieurs centaines de cartons par jour. Son préhenseur à ventouses saisit les emballages en bout de ligne, puis les dépose selon un plan de palettisation programmé. Les opérateurs soulevaient auparavant plusieurs tonnes cumulées au cours d’une journée.
Une cellule adaptée à un espace contraint
Le projet ne consistait pas simplement à poser un bras robotique près d’un convoyeur. La zone disponible est limitée et le plafond relativement bas. Les cartons changent aussi de format, des caisses de bouteilles classiques aux conditionnements de magnums. Certains cartons-étuis doivent être placés sur chant pour exploiter correctement la palette.
Robotiq et l’intégrateur régional Sysaxes ont donc adapté la cellule PE20 aux plans de charge de Gosset. La détection de contact provoque un arrêt immédiat du cobot. Ce dispositif ne dispense pas d’une analyse de risques complète, mais il permet à la machine de travailler dans une zone de production où circulent des personnes.
Le gain recherché est d’abord ergonomique. Yvain Leblond, responsable de production de la maison, explique vouloir limiter les troubles musculosquelettiques et les arrêts associés. Le temps libéré doit être reporté vers le contrôle qualité, la traçabilité et les finitions. Le cobot automatise ainsi une manutention pénible plutôt que l’ensemble du poste.
Un cas concret pour les cobots de fin de ligne
La palettisation est devenue un terrain privilégié pour les robots collaboratifs. Le mouvement est répétitif, les charges sont identifiables et le résultat attendu peut être décrit précisément. La difficulté vient des variations de cadence, de carton et de plan de palette, ainsi que de l’intégration dans une usine existante.
Le cas Gosset montre aussi pourquoi les déploiements industriels les plus utiles restent parfois moins spectaculaires que les démonstrations d’humanoïdes. Une cellule dédiée ne promet pas de changer de métier à la demande. Elle vise un flux mesurable, avec un coût, une cadence et une contrainte ergonomique connus.
Il faudra néanmoins suivre la disponibilité réelle de la cellule, les changements de format et le temps nécessaire aux reprises manuelles. Le retour sur investissement dépendra autant de ces détails que du nombre de cartons manipulés. Pour la maison champenoise, l’enjeu est de préserver une production traditionnelle tout en retirant plusieurs tonnes de manutention quotidienne des épaules de ses opérateurs.
