Shanghai veut faire entrer 8 000 robots humanoïdes dans ses usines d’ici 2028. La métropole chinoise a fixé cet objectif le 12 octobre, lors du lancement de son plan pour une nouvelle génération de fabrication intelligente au Salon international de l’industrie de Chine. Le programme ne se limite pas aux humanoïdes : il prévoit aussi 500 usines intelligentes avancées et plus de 2 000 cas d’usage de l’intelligence artificielle dans l’industrie.
L’annonce place un chiffre précis sur une stratégie jusqu’ici souvent formulée en termes généraux. Selon le plan présenté à Shanghai, la densité de robots industriels devra atteindre 600 unités pour 10 000 salariés. La ville vise également dix grands modèles spécialisés pour l’industrie et 300 agents d’IA de haut niveau.
Un objectif de déploiement, pas seulement de démonstration
Le seuil de 8 000 humanoïdes doit être lu comme un objectif de mise en service dans les usines. Il ne s’agit donc pas uniquement d’exposer des prototypes lors de salons. Shanghai veut intégrer ces machines dans les chaînes de production, au côté des robots industriels fixes déjà largement utilisés dans l’automobile, l’électronique et la mécanique.
Le plan s’organise autour de quatre axes : renforcer l’offre technologique, rapprocher l’IA de la fabrication, accompagner la montée en gamme des usines et structurer l’écosystème industriel. Il couvre la recherche, la production, la gestion des opérations, les services liés aux produits et les chaînes d’approvisionnement.
Shanghai part d’une base importante. D’après les informations publiées par 21st Century Business Herald, la ville compte déjà deux usines classées au niveau national le plus avancé et 28 autres au niveau d’excellence. Son secteur de l’intégration de systèmes de fabrication intelligente dépasse 60 milliards de yuans, tandis que la production d’équipements associés représente plus de 150 milliards de yuans.
Des objectifs industriels très larges
À l’horizon 2028, Shanghai veut porter à 200 milliards de yuans la taille du marché local des nouveaux équipements de fabrication intelligente soutenus par l’IA. Le secteur de l’intégration de systèmes devrait atteindre 100 milliards de yuans. Ces montants donnent une idée du rôle attribué aux humanoïdes : ils constituent une composante visible d’un programme plus vaste de modernisation des sites industriels.
La métropole cherche notamment à généraliser l’usage de l’IA dans ses principales entreprises manufacturières. L’enjeu est d’automatiser des tâches qui restent difficiles pour les bras fixes, comme le déplacement entre plusieurs postes, la manipulation d’objets dans des espaces conçus pour les humains ou l’intervention sur des séries courtes.
Le passage à l’échelle reste à prouver
L’objectif ne garantit pas que 8 000 humanoïdes seront pleinement autonomes ni qu’ils effectueront tous des tâches complexes. Leur utilité dépendra de la fiabilité, de la sécurité, du coût d’exploitation et de la capacité des fabricants à assurer la maintenance d’une flotte aussi importante.
Le calendrier donne néanmoins un indicateur concret à suivre. D’ici deux ans, Shanghai devra transformer les démonstrations actuelles en achats industriels, définir les tâches confiées aux robots et mesurer leur performance. La progression du nombre de machines réellement actives en usine permettra de distinguer une politique d’affichage d’un déploiement industriel durable.
Sources : plan présenté au Salon international de l’industrie de Chine, 21财经 et Seoul Economic Daily.
