FF EAI Robotics Ecosystem et Faraday Future ont signé des accords définitifs pour transférer l’ensemble de l’activité robotique de Faraday Future à FFR, sur la base d’une valorisation de 200 millions de dollars. Annoncée le 14 octobre, l’opération doit être bouclée avant la fin du mois si les dernières conditions sont remplies.
Cette signature transforme le projet présenté fin septembre en engagement contractuel. RoboActu avait alors détaillé la proposition de reprise, qui reposait encore sur une lettre d’intention non contraignante. La nouvelle structure abandonne le dividende spécial envisagé initialement et organise un échange intégralement payé en actions.
Une société cotée dédiée à la robotique
FFR émettra ses titres à 2,246 dollars par action au bénéfice de Faraday Future. Ce prix représente, selon les entreprises, une prime d’environ 50 % par rapport au cours de clôture du 12 octobre. Les parties évaluent FFR à environ 60 millions de dollars sur une base entièrement diluée et l’activité robotique transférée à environ 200 millions.
Après l’opération, Faraday Future devrait détenir 65,7 % de FFR. La direction et les salariés représenteraient 18,2 %, les investisseurs du financement privé 5,5 % et les autres actionnaires 10,7 %. Les nouvelles actions reçues par Faraday Future seront bloquées pendant dix-huit mois. FFR annonce également une première tranche de financement PIPE pouvant atteindre 10 millions de dollars.
La société cotée doit regrouper les robots humanoïdes et bioniques, la plateforme d’intelligence embarquée, les outils pour développeurs, les solutions industrielles et la collecte de données. FFR veut couvrir l’éducation, l’inspection, la logistique, l’industrie et les services. Cette organisation sépare plus clairement la robotique du constructeur automobile, tout en laissant Faraday Future contrôler la nouvelle entité.
Des chiffres commerciaux à lire avec prudence
Le communiqué affirme que l’activité a lancé 24 produits dans trois formes robotiques et atteint 817 ventes et expéditions cumulées fin septembre. Il revendique aussi 1,52 million de dollars de chiffre d’affaires cumulé et une marge brute moyenne supérieure à 30 % au deuxième trimestre pour les produits robotiques.
Ces chiffres sont fournis par les entreprises et ne constituent pas des résultats audités détaillés dans l’annonce. Les projections sont encore plus ambitieuses : environ 7 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2026, 45 millions en 2027 et 1,98 milliard cumulés jusqu’en 2030, avec plus de 130 000 appareils vendus. FFR vise un flux de trésorerie d’exploitation positif au plus tard au troisième trimestre 2028.
Un accord définitif, mais pas encore une clôture
L’accord a reçu l’aval de comités spéciaux composés d’administrateurs indépendants des deux sociétés. FFR indique avoir obtenu une attestation d’équité d’un conseiller financier. La clôture reste cependant attendue, et la communication ne détaille pas encore toutes les autorisations ou conditions susceptibles d’intervenir.
Le développement est significatif parce qu’il donne une structure juridique et financière à une stratégie jusque-là annoncée par étapes. Il ne valide pas pour autant les prévisions commerciales ni la compétitivité des robots. Les prochains indicateurs à suivre seront la réalisation effective du transfert, la composition finale du capital et la part des livraisons qui produit un revenu récurrent plutôt qu’une simple expérimentation.
