Dynamic Creatures présente Hugo, un robot bipède couvert de fourrure violette qui réunit 43 actionneurs, une conception animatronique et des mouvements expressifs. La jeune entreprise de Cambridge le destine aux parcs de loisirs, hôtels, casinos et commerces où il pourrait circuler au contact du public.
Hugo prend l’apparence d’une créature à cornes, avec de grandes mains, un nez bleu et un sac à dos. Cette enveloppe masque une plateforme humanoïde conçue pour marcher, saluer et réagir à une rencontre. Dynamic Creatures, partenaire officiel de Boston Dynamics pour l’hôtellerie et le divertissement, veut dépasser l’animatronique fixe en donnant à ses personnages une mobilité autonome.
Un personnage robotisé plutôt qu’un humanoïde industriel
Le premier objectif n’est ni la manutention ni l’assemblage. Hugo doit créer une interaction crédible avec un visiteur. Ses 43 actionneurs commandent le corps et les gestes, tandis que le costume et le visage donnent au mouvement une intention lisible. Le robot est ainsi pensé comme un personnage de spectacle capable de quitter une scène.
La société développe un modèle baptisé Vision-Language-Expression. Selon sa présentation, cette architecture doit relier ce que le robot perçoit, les paroles qu’il comprend et l’expression corporelle qu’il produit. Une question, une posture ou l’arrivée d’un visiteur pourraient donc déclencher une réponse verbale accompagnée d’un geste adapté.
Dynamic Creatures montre Hugo dans ses locaux. Vidéo : Dynamic Creatures.
Navigation et sécurité restent en développement
La vidéo de lancement montre surtout Hugo dans un environnement de bureau contrôlé. Elle ne permet pas d’établir quelle part de ses gestes est autonome, ni s’il peut déjà évoluer sans supervision au milieu d’un public dense. Dynamic Creatures indique travailler sur la navigation et la sécurité nécessaires aux interactions rapprochées.
Ces fonctions seront déterminantes. Un personnage mobile doit détecter enfants, poussettes et obstacles bas, conserver son équilibre lorsqu’un visiteur s’approche et adapter sa trajectoire à une foule imprévisible. L’expérience doit également rester fluide malgré le bruit, les changements de lumière et les sollicitations simultanées.
Des images de développement laissent penser que la mécanique pourrait dériver d’une plateforme humanoïde existante, mais Dynamic Creatures ne confirme pas le matériel utilisé. Cette prudence importe : le nombre d’actionneurs décrit la richesse potentielle des mouvements, pas l’autonomie réelle ni l’endurance du système.
Un marché entre robotique et divertissement
Les parcs utilisent depuis longtemps des automates scénarisés. Hugo déplace la frontière vers des personnages capables d’aller à la rencontre du public et de varier leur comportement. Pour les exploitants, la valeur ne viendra pas seulement de la technologie, mais de la disponibilité, de la maintenance et de la capacité à rester cohérent avec un univers narratif.
Dynamic Creatures n’a communiqué ni prix, ni date de commercialisation, ni premier client. Hugo reste donc un prototype de démonstration. Son lancement donne toutefois une forme concrète au projet annoncé lors de la sortie de discrétion de l’entreprise en septembre.
Notre analyse
Hugo montre une voie différente de la course aux humanoïdes d’usine. Ici, la performance se mesure à la qualité d’une interaction, à la sécurité près du public et à l’illusion d’un personnage vivant. Le défi le plus difficile sera moins de réussir une démonstration expressive que de répéter des centaines de rencontres par jour, sans comportement incohérent ni incident mécanique.
