Le robot Miroki d’Enchanted Tools a accompagné 20 enfants pendant 300 séances de radiothérapie en un an à l’Institut du Cancer de Montpellier. Ce premier bilan chiffre l’usage réel du robot dans un environnement médical particulièrement contraint.
Enchanted Tools a publié ces données le 16 octobre dans une vidéo réalisée avec NVIDIA. Le robot entre avec l’enfant dans la salle de traitement, où les proches et les soignants doivent normalement rester à l’extérieur pendant l’irradiation. Sa mission consiste à maintenir une présence interactive et à réduire l’isolement ressenti par le jeune patient.
A child goes into the treatment room. The robot goes with them. Our CTO Firas told NVIDIA: 20 children, 300 radiotherapy sessions in a year at the ICM Montpellier.
— Enchanted Tools (@EnchantedTools) October 16, 2026
Un robot autorisé dans la salle de traitement
Le projet réunit l’Institut du Cancer de Montpellier et l’entreprise française Enchanted Tools. Avant d’entrer dans le bunker de radiothérapie, Miroki a dû passer des essais d’interaction avec les rayonnements et obtenir l’autorisation de rester près du patient pendant la séance.
Ce contexte distingue le déploiement d’une simple animation en salle d’attente. Le robot doit fonctionner dans une zone où la présence humaine est limitée, sans gêner le positionnement du patient ni le déroulement du traitement. Il accompagne l’enfant au fil des rendez-vous et peut ainsi devenir un repère familier dans un parcours qui comprend souvent de nombreuses séances.
Les 300 séances rapportées représentent une moyenne de quinze passages par enfant. Cette moyenne ne décrit pas la durée ni le protocole de chaque traitement, mais elle montre que le dispositif a été utilisé de manière répétée, et non lors d’une démonstration ponctuelle.
Le bénéfice clinique reste à mesurer
Ni Enchanted Tools ni l’ICM ne publient encore de résultat quantifié sur l’anxiété, la coopération pendant les soins ou la qualité du traitement. L’ICM indique qu’une évaluation scientifique doit mesurer les résultats obtenus. Le bilan annoncé porte donc sur l’adoption et le volume d’usage, pas sur une efficacité médicale démontrée.
Cette distinction est essentielle pour les robots sociaux utilisés dans la santé. Un nombre élevé d’interactions valide la faisabilité opérationnelle, mais il ne permet pas, à lui seul, de conclure que le robot améliore l’état des patients. Il faudra comparer des indicateurs définis à l’avance et documenter aussi les incidents, les interruptions et la charge imposée aux équipes.
Le déploiement montpelliérain fournit toutefois un cas concret à une filière souvent limitée aux prototypes. Miroki travaille au contact de patients vulnérables, dans une zone réglementée et sur une durée d’un an. Les prochaines données devront dire si cette présence robotique produit un effet mesurable au-delà de son acceptation par les enfants et les soignants.
En pratique, ce retour d’expérience peut intéresser d’autres services hospitaliers qui envisagent des robots d’accompagnement. La robustesse, le nettoyage, la disponibilité et l’intégration dans les procédures de soin compteront autant que la qualité des interactions.
Sources : bilan d’Enchanted Tools et présentation du projet par l’ICM.

