Hyundai Motor et Kia préparent une nouvelle étape de l’automatisation automobile. À l’occasion d’E-FOREST Tech Day 2026, organisé du 19 au 21 octobre en Corée du Sud, le groupe présente environ 200 technologies de fabrication. Sa feuille de route doit conduire à des usines davantage pilotées par logiciel d’ici 2030, puis à l’emploi de robots humanoïdes dans de nouveaux sites après 2032.
Le calendrier a été détaillé lors d’une présentation aux médias organisée avant l’événement. Hyundai veut d’abord éprouver ses systèmes à l’Innovation Center Singapore, puis les étendre à l’usine Metaplant America en Géorgie et au futur site de véhicules électriques d’Ulsan. Le constructeur ne précise pas encore quel humanoïde sera utilisé, ni combien de machines seront déployées.
Des tâches encore difficiles à automatiser
Le groupe vise des opérations qui résistent aux robots industriels classiques. Il cite notamment le raccordement des faisceaux électriques dans les véhicules, l’approvisionnement en pièces d’habillage intérieur et les retouches de peinture. Ces tâches combinent manipulation fine, variations de position et décisions fondées sur l’environnement immédiat.
Les humanoïdes n’arriveraient donc qu’après une longue phase consacrée aux données et aux logiciels. Hyundai décrit une usine définie par logiciel, ou SDF, dans laquelle les équipements partagent un cadre commun de collecte et de gestion des données. Des agents d’intelligence artificielle doivent aider à rechercher des informations, interpréter les données de production et générer des manuels d’équipement.
Un laboratoire industriel avant 2032
E-FOREST Tech Day met également en avant les jumeaux numériques. Ils reproduisent les lignes de production dans un environnement virtuel afin de tester des changements et de détecter des problèmes avant leur apparition sur le terrain. Hyundai présente aussi un tunnel d’inspection extérieure en trois dimensions, développé en interne pour contrôler les carrosseries et destiné à ses usines coréennes et internationales.
La logistique progresse en parallèle. Selon les éléments communiqués pendant la présentation, le coût de production de certains robots logistiques a baissé d’environ 30 %, tandis que leur recharge serait passée d’environ deux heures à douze minutes. Ces machines mobiles constituent une étape plus immédiate que les humanoïdes annoncés pour la décennie suivante.
Une annonce de trajectoire, pas encore un déploiement
La date de 2032 doit être lue comme un objectif industriel. Le groupe ne montre pas encore de robot humanoïde affecté à une ligne, et l’événement porte surtout sur les fondations logicielles, l’automatisation et la simulation. Les chiffres de performance et les usages précis devront être vérifiés lorsque Hyundai désignera le matériel et les usines concernés.
Le signal reste important pour l’industrie robotique. Hyundai Motor Group possède Boston Dynamics et dispose de plusieurs usines capables de servir de terrain d’essai. En plaçant les humanoïdes après la standardisation des données et des outils de production, le constructeur indique que la difficulté ne réside pas seulement dans la machine : son intégration au système industriel sera déterminante.
Le groupe affirme enfin vouloir déplacer les salariés hors des tâches dangereuses et répétitives, afin de les recentrer sur la gestion de production et le contrôle qualité. Cette promesse dépendra toutefois des postes réellement transformés et des conditions concrètes de déploiement.
