Renesas a constitué une équipe de plus de 108 personnes consacrée à l’intelligence artificielle physique. Le fabricant japonais de semi-conducteurs veut fournir aux concepteurs de robots humanoïdes une architecture complète, allant des microcontrôleurs aux capteurs, en passant par la commande des moteurs et la gestion de l’énergie.
Cette organisation a été détaillée par Yang Tae-young, directeur chez Renesas, lors de la conférence « Semiconductors Powering Humanoids » organisée le 16 octobre à Séoul, en marge du salon SEDEX. Selon le compte rendu de The Elec, l’équipe appartient à l’organisation mondiale chargée de l’expérience utilisateur, qui réunit 403 salariés et comprend également des équipes de marketing et de stratégie technologique.
Des composants jusqu’à l’architecture du robot
L’objectif dépasse la vente de puces isolées. L’équipe doit accompagner l’ingénierie des systèmes, définir des architectures et vérifier l’interopérabilité des composants. Renesas cite les microcontrôleurs, les microprocesseurs, les circuits de commande de moteurs et les capteurs parmi les briques destinées aux robots mobiles et humanoïdes.
Le groupe propose notamment des outils de développement équipés de processeurs à deux cœurs 64 bits. Ils doivent permettre de connecter les périphériques d’un robot et de tester moteurs et actionneurs sans disposer d’emblée d’un contrôleur complet. Cette approche vise à réduire le temps nécessaire pour passer d’un prototype électronique à une machine fonctionnelle.
Renesas avait déjà officialisé en août l’ouverture d’un laboratoire d’intelligence artificielle physique et de robotique à Pékin. Le site doit servir à la validation et au codéveloppement avec des fabricants chinois. Les précisions données à Séoul montrent comment cette infrastructure s’insère dans une organisation plus large dédiée au marché robotique.
Miniaturiser et sécuriser les articulations
Les poignets, les chevilles et les genoux concentrent plusieurs contraintes : peu d’espace, des moteurs puissants, du câblage et des fonctions de sûreté. Renesas travaille donc sur des boîtiers plus compacts. Pour les articulations qui assurent l’équilibre, le groupe évoque aussi l’emploi de deux microcontrôleurs, afin qu’un second circuit puisse maintenir un fonctionnement sûr si le premier tombe en panne.
Cette redondance rappelle que la montée en puissance des humanoïdes dépend autant de l’électronique embarquée que des modèles d’IA. Une erreur de calcul ou une panne de commande dans un genou peut provoquer une chute, avec des conséquences bien plus directes que dans une application logicielle.
Un marché encore à confirmer
D’après les chiffres présentés à Séoul, les humanoïdes représenteraient déjà 8 % des revenus tirés par Renesas de ses produits de commande d’articulations et de communication industrielle. Cette part doublerait chaque année, portée notamment par la demande chinoise. Ces données viennent de l’entreprise et ne permettent pas encore d’évaluer le volume réel de robots produits.
L’annonce porte donc sur les moyens industriels de Renesas, pas sur un nouveau robot ni sur un contrat de déploiement. Elle indique toutefois que les fournisseurs de semi-conducteurs structurent désormais des équipes spécialisées pour les humanoïdes. Si les volumes augmentent, la bataille se jouera aussi sur la taille, la consommation, la sûreté et la capacité à livrer des systèmes cohérents plutôt qu’une addition de composants.
