Dream Labs ouvre l’accès à Dream-1, un modèle de contrôle conçu pour faire fonctionner des robots à deux bras qu’il n’a jamais vus. La start-up sort en même temps de sa discrétion avec un financement d’amorçage de 90 millions de dollars et une API publique facturée à l’heure.
Un même modèle pour plusieurs corps robotiques
Les politiques robotiques classiques produisent souvent des angles d’articulation propres à une machine. Dream-1 peut à la place prédire la position des deux effecteurs et l’ouverture des pinces. Le solveur cinématique de chaque robot transforme ensuite ces consignes en mouvements articulaires.
Dream Labs affirme avoir testé ce transfert sans entraînement spécifique sur 27 robots inconnus en simulation et sur plusieurs machines réelles. Le billet technique de lancement montre notamment des tâches de tri, d’empilage et de manipulation menées chez treize partenaires. Le modèle reçoit trois flux vidéo, une caméra principale et une caméra par poignet, puis renvoie 1,6 seconde d’actions à chaque appel.
L’entreprise présente cette méthode comme une conséquence de son approche « World Action Model ». Le système apprend conjointement à prévoir la vidéo et les actions. Les pixels deviennent ainsi une représentation commune entre des bras et des pinces de formes différentes.
Des limites détaillées par Dream Labs
Dream-1 ne couvre pas encore n’importe quel robot. La version actuelle vise les plateformes bimanuelles équipées de pinces parallèles. Ses performances dépendent aussi du solveur cinématique fourni par le constructeur. Pour les machines trop éloignées de ses données d’origine, Dream Labs propose un service d’adaptation avec quelques minutes de données propres au robot.
La société publie 300 essais simulés par plateforme pour comparer les résultats. Une évaluation indépendante de RoboCurve sur un premier niveau de tâches place également Dream-1 sur une frontière intéressante entre score, vitesse et coût. Ces résultats restent des tests contrôlés. Ils ne démontrent pas encore la fiabilité requise pour une production continue.
Une API à 3 dollars de l’heure
Dream Labs facture Dream-1 trois dollars par heure d’utilisation et une variante Flash deux dollars. La jeune pousse veut ainsi abaisser le coût d’entrée pour les laboratoires, intégrateurs et fabricants de petits robots. Son financement doit soutenir le développement du modèle et son déploiement auprès d’équipes tierces.
L’enjeu dépasse la performance d’une seule démonstration. Si un même contrôleur peut réellement démarrer sur plusieurs morphologies avec peu ou pas de données supplémentaires, les fabricants pourraient réduire le travail logiciel nécessaire à chaque nouveau matériel. Les prochains tests devront surtout montrer comment cette promesse résiste à des environnements non préparés, à des objets variés et à des cycles prolongés.
