Robotheca ouvre en bêta un catalogue consacré aux robots open source que l’on peut réellement construire. La plateforme référence 475 robots physiques, plus de 800 projets logiciels et plus de 75 modèles d’intelligence artificielle, avec un effort particulier sur les fichiers de fabrication, les composants, les licences et la compatibilité avec les outils robotiques.
Du fichier CAD à la liste des pièces
Pour chaque robot, Robotheca cherche à réunir les fichiers CAD ou STL, la nomenclature, le prix lorsque le créateur l’a publié, le guide d’assemblage et un niveau de difficulté. Des filtres signalent aussi la présence d’un modèle URDF, la prise en charge de ROS 2 et les projets conçus pour fonctionner avec des modèles d’IA.
Le catalogue couvre plusieurs familles de machines : bras, quadrupèdes, humanoïdes, robots roulants, drones et plateformes autonomes. La page d’accueil recensait notamment 322 projets imprimables en 3D, 355 autorisant un usage commercial et 77 associés à l’IA au moment de notre consultation.
La plateforme propose également des collections destinées aux débutants, aux budgets inférieurs à 200 euros ou aux projets jugés prêts à construire. L’objectif est de réduire le temps passé à parcourir des dépôts dispersés avant de savoir si un robot dispose réellement des plans et instructions nécessaires.
Les licences affichées sans déduction hasardeuse
Robotheca indique lire les licences directement dans les fichiers de chaque projet. Lorsque l’information reste ambiguë, la fiche affiche « Unknown » au lieu de supposer qu’un dépôt public autorise automatiquement la reproduction ou l’usage commercial.
Chaque créateur est crédité et renvoyé vers son dépôt d’origine. Ce choix est important : le catalogue sert d’index et de couche de comparaison, mais les fichiers et la documentation de référence restent hébergés par leurs auteurs.
Une bêta ouverte aux corrections de la communauté
Le créateur, Klajdi Haka, a présenté le service le 25 octobre sur Open Robotics Discourse. Il demande aux roboticiens de signaler les projets manquants, les erreurs de fiche et les critères qu’ils souhaiteraient voir progresser, comme la simulation, les distributions ROS 2, les comparaisons de coûts ou les parcours de construction pour débutants.
Cette phase bêta implique que les nombres et la qualité des fiches peuvent encore évoluer. La présence d’un robot dans Robotheca ne remplace pas non plus la vérification de sa documentation, de la sécurité électrique ou mécanique et de la disponibilité réelle des composants.
Notre analyse
L’intérêt de Robotheca tient moins au volume brut qu’à sa tentative de mesurer la constructibilité. Un dépôt peut contenir du code et quelques images sans permettre de reproduire une machine. En regroupant plans, nomenclature, licences et guides, le catalogue rend cette différence plus visible.
Le défi sera de maintenir les fiches à jour alors que les dépôts, les prix et les dépendances évoluent. Si la communauté contribue aux corrections, Robotheca pourrait devenir un point d’entrée utile entre la découverte d’un robot et l’évaluation technique nécessaire avant sa construction.
Sources : Open Robotics Discourse ; Robotheca.
