Otto Group va installer dix systèmes robotisés à deux bras dans un centre logistique en Pologne afin d’automatiser une partie du traitement des retours. Si cette première phase atteint les objectifs fixés, quinze systèmes supplémentaires seront ajoutés, portant le programme à un maximum de 25 robots.
Le distributeur allemand et Sereact ont annoncé le projet le 28 octobre. Les machines devront saisir les articles retournés, les identifier, évaluer leur état et les orienter vers la bonne destination. Le déploiement s’attaque à une opération difficile à automatiser : les produits arrivent froissés, reconditionnés de manière irrégulière et sans présentation prévisible.
Dix robots d’abord, quinze ensuite
La première étape doit permettre de mesurer la fiabilité du système en conditions réelles. Otto Group décidera ensuite de l’ajout des quinze bras prévus et d’un éventuel déploiement plus large dans son réseau. Le groupe précise qu’il s’agit d’un développement conjoint et progressif, pas d’une généralisation déjà acquise.
Les cellules utilisent Cortex, le modèle d’IA physique de Sereact. Selon l’entreprise, il permet de reconnaître et de manipuler des objets absents de l’entraînement initial, sans créer un programme spécifique pour chaque référence. Cette capacité est importante pour les retours du commerce en ligne, où le catalogue, les emballages et l’état des articles changent constamment.
Sereact fournira les systèmes sous la forme d’un service. L’entreprise assurera leur exploitation et leur maintenance. Les salariés doivent conserver les contrôles de qualité, la supervision et la gestion des exceptions, tandis que les robots prennent en charge les saisies et les levages répétitifs.
Une boucle d’apprentissage construite avec NVIDIA
La société allemande s’appuie sur Isaac Sim et Isaac Lab pour reproduire en simulation des prises réalisées sur la ligne. Les modèles Cosmos servent à varier les états des vêtements, les matériaux, les emballages et l’éclairage. Les nouvelles politiques sont ensuite entraînées sur des GPU Blackwell et testées avant leur arrivée sur les robots.
Sereact affirme que cette boucle peut ramener le délai de correction d’un cas difficile à quelques jours. Cette promesse devra être vérifiée pendant le pilote, notamment sur le taux de prise réussie, la précision de l’évaluation des produits et la disponibilité globale des cellules.
Un test à l’échelle logistique
Otto Group a engagé un programme de 350 millions d’euros dans les technologies et l’intelligence artificielle à moyen terme. Le projet polonais donne à cet investissement une application très concrète. Il permettra aussi d’évaluer le coût du modèle Robotics-as-a-Service face à une opération manuelle très variable.
Notre analyse
Le nombre de robots reste limité, mais la nature de la tâche rend ce déploiement significatif. Le tri des retours combine vision, manipulation souple et jugement sur l’état d’un produit. Une réussite montrerait que les modèles généralisés peuvent sortir des démonstrations pour tenir un rythme industriel. L’échec serait tout aussi instructif : il révélerait les limites actuelles de l’IA physique dans un flux où chaque colis constitue un nouveau cas.
