SoftBank et ABB envisagent d’exclure la Chine de leur accord robotique

Entrée du campus robotique ABB de Shanghai
Le site ABB Robotics de Shanghai, au cœur du périmètre chinois du groupe. Crédit : ABB.

SoftBank et ABB étudient un découpage qui laisserait les activités chinoises d’ABB Robotics hors de leur transaction de 5,375 milliards de dollars. Cette option apparaît quelques jours après le blocage du rachat par Pékin et pourrait préserver une partie de l’accord sans transférer la branche chinoise au groupe japonais.

Un scénario de séparation géographique

Selon Bloomberg, qui cite des personnes proches du dossier, les deux groupes examinent la possibilité d’exclure le périmètre chinois. Reuters a repris cette information en précisant qu’aucune structure définitive n’était arrêtée. ABB et SoftBank n’ont pas annoncé publiquement un nouvel accord. Le scénario doit donc être considéré comme une option de négociation, pas comme une transaction finalisée.

Le projet initial prévoit la vente de toute la division Robotics de l’industriel suisse à SoftBank. ABB avait annoncé une valeur d’entreprise de 5,375 milliards de dollars. Le groupe avait ensuite confirmé, le 5 novembre, que les autorités chinoises avaient bloqué l’opération. La division emploie environ 7 000 personnes et fournit des robots industriels, des contrôleurs ainsi que des solutions d’automatisation.

La Chine est un marché et une base industrielle clé

Isoler les activités chinoises ne serait pas une formalité comptable. ABB Robotics dispose à Shanghai d’un important site de production et de recherche. La Chine représente aussi l’un des principaux marchés mondiaux pour les robots industriels, avec des constructeurs locaux de plus en plus présents. Il faudrait donc déterminer quels actifs, contrats, technologies et salariés resteraient dans une entité séparée.

Un découpage pourrait également modifier le prix de l’opération. SoftBank rachèterait un ensemble plus petit, tandis qu’ABB conserverait ou céderait séparément la branche chinoise. Les licences technologiques, l’accès aux logiciels et l’approvisionnement en composants devraient être renégociés pour éviter de couper les deux périmètres de leurs outils communs.

Un test pour les acquisitions dans la robotique

Le dossier dépasse les seuls intérêts d’ABB et de SoftBank. Il montre que les actifs robotiques sont désormais examinés comme des technologies stratégiques. Les robots industriels combinent mécanique, capteurs, logiciels de contrôle, données de production et parfois modèles d’intelligence artificielle. Leur transfert peut donc soulever des enjeux de souveraineté comparables à ceux des semi-conducteurs.

Pour SoftBank, conserver une partie de l’accord maintiendrait une brique matérielle dans sa stratégie autour de l’IA physique. Pour ABB, une solution rapide éviterait de prolonger l’incertitude autour de sa division. Mais tant que les entreprises et les régulateurs n’ont pas validé une nouvelle structure, le rachat demeure bloqué. La prochaine étape décisive sera une communication officielle précisant le périmètre, le calendrier et la valeur révisée.

Sources : Bloomberg ; Reuters via MarketScreener ; ABB.

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