ABB Robotics a lancé cette semaine PoWa, une nouvelle famille de robots collaboratifs qui ambitionne de combler le vide entre les cobots traditionnels, jugés trop lents pour l’industrie lourde, et les robots industriels classiques, peu adaptés aux petites lignes flexibles. Le constructeur suisse promet des charges utiles plus élevées, une vitesse digne d’un robot industriel et une mise en route en moins d’une heure.

Six modèles, de 7 à 30 kilos de charge
La gamme PoWa se décline en six catégories de charge utile, de 7 kg à 30 kg, avec une vitesse maximale annoncée à 5,8 m/s, soit environ 21 km/h en bout de bras. Le constructeur cible explicitement le travail rapide à cycle court : alimentation de machine-outil, palettisage, vissage automatisé et soudure à l’arc. Des tâches généralement réservées aux robots industriels classiques, qu’ABB veut désormais traiter avec la flexibilité d’un cobot.
Le pari d’ABB s’appuie sur un constat de marché : selon le constructeur, les cobots progressent de 20 % par an et devraient continuer sur ce rythme jusqu’en 2028. La demande vient autant des PME qui débutent dans l’automatisation que des grands groupes qui cherchent à automatiser des opérations physiquement éprouvantes sans investir dans des cellules robotiques fermées.
Démarrage en une heure, sans code
Côté ergonomie, ABB met l’accent sur la simplicité. Les bras embarquent des boutons programmables sur leur interface latérale, et la programmation peut se faire sans écrire une ligne de code. Le constructeur affirme qu’un robot PoWa peut être déballé, branché et opérationnel en moins d’une heure, avec une compatibilité plug-and-play pour un large catalogue d’effecteurs tiers.
Sous le capot, la famille PoWa repose sur la plateforme OmniCore d’ABB, qui pilote aussi les robots industriels classiques de la marque. Les cobots sont compatibles avec les outils logiciels du constructeur : RobotStudio pour la simulation et Wizard Easy Programming pour la création de routines sans code.
Le contexte SoftBank
Cette annonce intervient dans une période charnière pour la branche robotique d’ABB. En octobre 2025, le groupe suisse a annoncé la cession de sa division robots à SoftBank pour 5,3 milliards de dollars. La filiale, qui emploie environ 7 000 personnes et dispose de son siège américain à Auburn Hills (Michigan), continue donc à dérouler sa feuille de route produit pendant la transition.
Le mois dernier, ABB Robotics avait également annoncé l’intégration des bibliothèques NVIDIA Omniverse dans RobotStudio, dans la perspective d’une offre cloud baptisée RobotStudio HyperReality, attendue au second semestre 2026. La logique est claire : empiler simulation, IA et déploiement physique pour réduire le temps entre le projet d’automatisation et la première pièce produite.
Pour les industriels qui regardent ce marché, le message d’ABB est cohérent. PoWa n’invente pas une nouvelle catégorie de robots, mais déplace la frontière du cobot vers des cadences et des charges qui étaient jusqu’ici réservées à des cellules industrielles plus lourdes et plus fermées.
Source : The Robot Report