Industrie

Addverb, la pépite robotique de Reliance, cherche 100 millions de dollars pour rivaliser avec Unitree et Tesla Optimus

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

L’Inde veut son champion de la robotique humanoïde. Addverb Technologies, la startup contrôlée par Reliance Industries de Mukesh Ambani, cherche à lever plus de 100 millions de dollars pour développer des robots humanoïdes et quadrupèdes, et bâtir les systèmes d’IA capables de les entraîner. Une ambition affichée face à la Chine.

Première grande levée depuis 2021

Le PDG Sangeet Kumar a confié à Bloomberg que cette opération serait le premier tour de financement majeur depuis l’investissement de 132 millions de dollars de Reliance en 2021. Aujourd’hui, Addverb fabrique surtout des robots de tri, de manutention et d’automatisation pour des entrepôts, des plateformes logistiques et des entreprises d’électronique.

La société opère dans plus d’une vingtaine de pays, et la moitié de son chiffre d’affaires vient de l’étranger. Les 100 millions visés financeront le développement des humanoïdes et quadrupèdes, la collecte de données et les systèmes d’entraînement de l’IA.

Viser le top 10 mondial en cinq ans

« Nous voulons être dans le top 10 dans les cinq prochaines années, et dans le top 5 dans les dix prochaines », a déclaré Sangeet Kumar. L’écart à combler est considérable. Addverb se situe aujourd’hui juste en dehors du top 30 mondial en parts de marché par chiffre d’affaires.

Au-dessus, on trouve des poids lourds comme Unitree Robotics, qui prépare une introduction en Bourse à 7 milliards de dollars, le programme Optimus de Tesla, et des fabricants japonais et européens forts de décennies d’échelle industrielle.

Miser sur l’IP locale contre la Chine

Addverb prévoit aussi de lancer ses propres capteurs lidar, après plus de deux ans de développement, pour réduire sa dépendance aux composants importés. Cette poussée vers la propriété intellectuelle est stratégique. Les concurrents chinois profitent de subventions publiques et d’une chaîne d’approvisionnement dense que les firmes indiennes ne peuvent pas encore égaler.

Le pari de l’entreprise : compenser ce désavantage de coût par l’intégration verticale et la maîtrise technologique nationale. Concrètement, fabriquer chez soi plutôt que dépendre de Shenzhen.

Des finances en redressement

Le chiffre d’affaires est attendu à 13 milliards de roupies, soit environ 136 millions de dollars sur l’exercice en cours, soutenu par un carnet de commandes d’à peu près 200 millions. L’entreprise a accusé des pertes pendant son expansion internationale, mais espère revenir à une rentabilité ajustée d’ici mars 2027, puis à un bénéfice net l’année suivante.

Une introduction en Bourse reste une option pour passer à l’échelle, sans calendrier immédiat. « Probablement quand nous dépasserons 40 à 50 milliards de roupies de revenus », a estimé Sangeet Kumar, un seuil qu’il pense atteignable en deux ans. Fondée en 2016 par quatre ingénieurs venus d’Asian Paints, Addverb incarne désormais l’ambition robotique de l’Inde.