Chine et Asie

AgiBot débarque en Europe : l’Expédition A3 lance l’offensive des robots humanoïdes chinois dans les hôtels et cinémas

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La conquête de l Europe commence à Munich. Le 10 mars 2026, AgiBot — le champion chinois du robot humanoïde avec 39 % des livraisons mondiales en 2025 — a officiellement présenté son nouveau modèle Expedition A3 sur le marché européen. Une offensive commerciale bien rodée, soutenue par la supply chain la plus dense du monde.

AgiBot, le colosse discret

Si vous ne connaissez pas encore AgiBot (智元), voici les chiffres qui mettent les choses en perspective : en 2025, la startup a livré plus de 5 100 robots humanoïdes, représentant environ 4 robots sur 10 vendus dans le monde. Devant Unitree, devant Figure AI sur ce segment précis.

Sa recette ? Une supply chain imbattable. Presque tous les composants nécessaires à la fabrication d un humanoïde sont accessibles dans un rayon de deux heures autour de Shanghai. Cela permet d itérer vite, de prototyper en quelques jours, et de produire à grande échelle à des coûts inaccessibles pour ses concurrents occidentaux.

L Expedition A3, robot de contact

Le modèle présenté à Munich est l Expedition A3, conçu pour les interactions humaines à haute fréquence : accueil hôtelier, assistance en magasin, animation dans les salles de cinéma. Ce n est pas un robot d usine — c est un robot de front office. AgiBot vise les postes de contact client, là où l IA conversationnelle et la mobilité douce priment sur la précision mécanique.

L Europe est la prochaine cible commerciale, après la consolidation sur le marché chinois. La présentation à Munich n est pas anodine : c est la vitrine industrielle et automobile du continent, le symbole d une industrie que les robots chinois entendent bien pénétrer.

En usine : le Genie G2 apprend encore

Parallèlement à l A3, AgiBot déploie son Genie G2 dans des usines partenaires, notamment chez Joyson Electronics (équipementier automobile). Les robots y effectuent des centaines de tâches sur lignes de production, mais leur productivité reste pour l instant à environ 50 % de celle d un humain. L objectif affiché : atteindre 70 à 80 % d ici fin 2026.

L écart se comble plus vite qu attendu. Dans un secteur où chaque point de productivité représente des millions d euros d économies potentielles, les industriels européens regardent ces chiffres avec attention — et une certaine anxiété. La question n est plus de savoir si les robots humanoïdes chinois arriveront en Europe. Ils y sont déjà.