Chine et Asie

AheadForm dévoile Origin F1 et M1, des humanoïdes au visage piloté par plus de 200 points d’expression

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La course chinoise aux humanoïdes à visage humain vient de gagner un concurrent sérieux. La startup shanghaïenne AheadForm, qui développe la gamme Origin Technology, a présenté deux nouveaux robots, l’Origin F1 et l’Origin M1, conçus avant tout pour interagir avec les gens par le regard et l’expression du visage.

Un visage piloté par plus de 200 points de contrôle

L’argument central d’AheadForm tient dans le visage. Selon les données communiquées par l’entreprise, l’Origin F1 dispose de plus de 200 points pour piloter ses micro-expressions faciales. Concrètement, ces actionneurs commandent les sourcils, les paupières, les coins de la bouche et les muscles autour des yeux, là où se logent les nuances qui rendent un sourire crédible ou un froncement perceptible.

Le robot embarque un modèle d’émotion dédié. Plutôt que de réciter un texte de façon neutre, l’Origin F1 tente de générer une réaction émotionnelle automatique en fonction de l’échange. Il cligne des yeux, change d’expression et imite des comportements humains pour donner l’illusion d’un interlocuteur qui ressent quelque chose. AheadForm vise ce que l’on appelle l’interaction affective, un terrain où la robotique chinoise multiplie les démonstrations depuis plusieurs mois.

Voir la démonstration

Une niche très disputée

AheadForm n’est pas seul sur ce créneau. Au même moment, UBTECH a ouvert les précommandes de ses propres humanoïdes hyper-réalistes, déclinés en versions masculine et féminine, mesurant 168 et 183 centimètres pour 88 degrés de liberté, avec un lancement des ventes annoncé pour le 30 juin. D’autres acteurs chinois comme AnyWit Robotics, EX Robot, NOETIX Robotics ou DroidUp travaillent sur le même objectif : un androïde qui ressemble à un humain et réagit comme tel.

Cette concentration d’annonces dit quelque chose du marché. Les fabricants chinois cherchent des débouchés au-delà de l’usine, où la concurrence est déjà rude. L’accueil, la compagnie, le service client ou l’éducation deviennent des terrains de jeu pour des robots dont la valeur ajoutée n’est plus la force ou l’endurance, mais la capacité à mettre les gens à l’aise.

Pourquoi ça compte

Le réalisme du visage reste un obstacle technique majeur. Reproduire une expression humaine sans tomber dans l’effet dérangeant de la « vallée de l’étrange » demande une mécanique fine et une synchronisation précise entre la parole, le regard et les traits. En misant sur 200 points de contrôle et un modèle d’émotion, AheadForm pousse le curseur sur ce point précis. Reste à voir si l’Origin F1 tiendra ses promesses hors des vidéos de démonstration, et à quel prix il sera proposé.