Asimov a commencé l’expédition de la cinquième série de kits de son humanoïde Asimov 1. Le fabricant présente ce lot comme une boîte réunissant les éléments nécessaires pour assembler une plateforme robotique ouverte, destinée aux équipes qui veulent développer et tester leurs propres logiciels de contrôle.
L’annonce a été publiée le 31 octobre sur le compte officiel de l’entreprise, accompagnée de photos des cartons et composants préparés pour l’envoi. Asimov ne précise ni le nombre d’unités de cette série ni les destinations des premiers kits. La portée industrielle du lot ne peut donc pas encore être mesurée.
Un humanoïde livré comme plateforme de développement
Asimov 1 n’est pas présenté comme un robot de service prêt à remplir une mission chez un client. Le projet vise plutôt les développeurs, laboratoires et jeunes entreprises qui souhaitent disposer d’un corps humanoïde modifiable. Le constructeur publie une nomenclature des pièces, des fichiers de conception assistée par ordinateur, un jumeau numérique et un kit de développement logiciel.
Cette ouverture doit permettre de préparer une politique de contrôle dans la simulation avant de l’exécuter sur la machine réelle. Elle facilite aussi le remplacement ou l’adaptation de certains composants, un point important pour les équipes qui travaillent sur la locomotion, la manipulation ou l’apprentissage de compétences.
La fiche officielle indique que le robot pèse environ 35 kg. Chaque bras est donné pour une charge nominale de 5 kg et une charge de pointe pouvant atteindre 15 kg. Ces valeurs restent celles du fabricant et devront être rapprochées de la durée des tâches, de la posture du robot et de sa stabilité pendant les essais.
Le kit réduit une partie de la barrière matérielle
Construire un humanoïde complet impose habituellement de sélectionner les actionneurs, concevoir les pièces mécaniques, intégrer l’électronique et produire une chaîne logicielle cohérente. Un kit documenté peut raccourcir cette phase, sans supprimer le travail d’assemblage, de calibration et de sécurisation.
La cinquième série constitue surtout un indicateur de continuité. Asimov a déjà organisé quatre lots et poursuit désormais les expéditions, ce qui suggère l’existence d’une petite communauté de développeurs autour de la plateforme. Le nombre d’unités en circulation, le taux de disponibilité et les usages réellement menés à terme ne sont toutefois pas publics.
Notre analyse
L’intérêt d’Asimov 1 réside moins dans une nouvelle démonstration spectaculaire que dans la possibilité de reproduire un même matériel entre plusieurs équipes. Des plateformes comparables simplifient le partage de logiciels et la comparaison des méthodes, à condition que les versions mécaniques et logicielles restent suffisamment documentées.
Le prochain signal important sera donc l’apparition de projets indépendants utilisant les kits livrés. Des résultats sur la locomotion, la manipulation ou l’autonomie, accompagnés de mesures reproductibles, permettront de distinguer une plateforme de recherche durable d’une série limitée destinée surtout aux démonstrations.

