Le plus grand salon de robotique d’Amérique du Nord ouvre ses portes ce lundi à Chicago avec une question qui a changé. Pendant des années, Automate s’est demandé si les robots humanoïdes étaient prêts. Cette année, la vraie interrogation porte sur la vitesse à laquelle l’industrie peut les absorber, maintenant qu’ils le sont.
Organisé par l’Association for Advancing Automation, Automate 2026 se tient du 22 au 25 juin au McCormick Place. L’édition rassemble plus de 50 000 visiteurs, au-delà de 1 000 exposants et 450 000 pieds carrés de technologies d’automatisation. C’est la plus grande édition des cinquante ans d’histoire du salon.
Un pavillon humanoïde sponsorisé par NVIDIA
Pour la première fois, un pavillon dédié aux robots humanoïdes occupe le cœur du salon, sponsorisé par NVIDIA. Plus de vingt organisations venues du monde entier y présentent leurs plateformes, en accès libre pour tous les visiteurs inscrits. Une scène installée dans le pavillon laisse aux exposants le temps de détailler leurs technologies tout au long de la semaine.
Le thème dominant des conférences tient en deux mots : intelligence artificielle physique. Concrètement, il s’agit d’entraîner les robots par la démonstration plutôt que par la programmation explicite. Un robot industriel classique suit un script écrit par un ingénieur, qui lui dicte chaque mouvement. Cette approche fonctionne pour des tâches répétitives dans un environnement figé, mais cale dès qu’un objet est mal positionné ou qu’un nouveau produit arrive.
La production humanoïde devient une ligne comptable
Le salon s’ouvre deux jours après que la production d’humanoïdes est devenue une réalité chiffrée. L’usine BotQ de Figure AI a dépassé le rythme d’un robot Figure 03 par heure, soit une multiplication par 24 du débit en moins de 120 jours, avec plus de 350 unités déjà livrées.
Boston Dynamics a démarré les livraisons commerciales de son Atlas électrique. Toute la production 2026 est réservée au centre d’application de la Robotics Metaplant de Hyundai et à Google DeepMind. De son côté, le Digit d’Agility Robotics enchaîne des quarts de travail commerciaux à l’usine Toyota Motor Manufacturing Canada de Woodstock, en Ontario, dans le cadre d’un contrat de robotique en location.
NVIDIA mise sa puissance de calcul sur les robots
Le parrainage du pavillon par NVIDIA n’a rien d’anodin. Ses plateformes d’inférence et sa pile d’entraînement Isaac GR00T sont devenues le socle de calcul dominant pour le développement de l’IA des robots. En investissant dans ce pavillon, le fabricant de puces signale que les humanoïdes représentent une part significative de son marché.
Un forum dédié, payant et co-localisé, se tient les mardi et mercredi après-midi. Il réunit des responsables de Boston Dynamics, NEURA Robotics, NVIDIA et Toyota Research Institute autour des défis d’ingénierie qui séparent encore une démonstration séduisante d’un déploiement fiable en production. « La robotique humanoïde suscite un intérêt considérable dans tout l’écosystème de l’automatisation », résume Jeff Burnstein, président de l’association. Reste la question centrale du salon : prouver une vraie valeur client avant que les humanoïdes ne se généralisent.


