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Bedrock Robotics lève 270 millions de dollars pour automatiser les chantiers avec des engins de construction autonomes

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La startup américaine Bedrock Robotics vient de boucler une levée de fonds de 270 millions de dollars en Série B, portant son financement total à plus de 350 millions de dollars. La société, fondée par Boris Sofman, ex-PDG d’Anki et ancien chercheur chez Google Brain, développe des kits d’autonomie pour les engins de chantier lourds : compacteurs à rouleaux, excavateurs, niveleuses. Sa valorisation atteint désormais 1,75 milliard de dollars.

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Illustration RoboActu

Un secteur sous pression, une opportunité pour la robotique

Le constat de départ est simple : le BTP manque de bras. Aux États-Unis, le secteur de la construction pourrait avoir besoin de 800 000 travailleurs supplémentaires au cours des deux prochaines années, selon les estimations du secteur. Les jeunes diplômés ne se précipitent pas vers les chantiers. Et les projets d’infrastructure, souvent financés par des fonds publics records, s’accumulent.

« L’industrie de la construction se voit demander de construire plus qu’elle ne peut livrer », explique Boris Sofman. « Les entrepreneurs sont tiraillés entre des priorités concurrentes avec les mêmes effectifs et équipements limités. » C’est dans ce contexte que Bedrock Robotics propose une solution pragmatique : ne pas remplacer les engins existants, mais les rendre autonomes.

Des kits de retrofit qui apprennent d’un opérateur humain

La technologie de Bedrock Robotics repose sur des kits d’autonomie en retrofit, c’est-à-dire des modules qui s’installent sur des machines déjà en service. Une fois équipé, l’engin observe un opérateur humain expérimenté effectuer une tâche, par exemple compacter 800 mètres de chaussée ou creuser une tranchée, puis est capable de la reproduire seul. Un seul opérateur peut ainsi superviser plusieurs machines en parallèle depuis une interface distante.

Les compacteurs à rouleaux et les machines de terrassement sont parmi les premiers engins ciblés, car leurs mouvements sont plus prévisibles et répétitifs que ceux d’une grue ou d’une foreuse. La séquence « apprendre puis exécuter » limite les risques d’erreur dans des environnements non structurés.

CapitalG, Valor Equity et NVIDIA Ventures au capital

Le tour de table de 270 millions de dollars en Série B a été mené par CapitalG (le fonds de croissance d’Alphabet) et Valor Equity Partners, avec la participation de NVentures, le bras investissement de NVIDIA. L’entrée de NVIDIA dans le capital est particulièrement significative : cela suggère que les engins autonomes de Bedrock pourraient à terme s’appuyer sur des modules d’IA NVIDIA pour la perception et la prise de décision en temps réel.

Bedrock Robotics n’est pas le seul acteur du secteur, mais son positionnement en retrofit la distingue des approches qui nécessitent l’achat d’engins entièrement neufs. Les constructeurs peuvent conserver leur flotte et ajouter l’autonomie progressivement, ce qui réduit considérablement le coût d’entrée.

Une industrie de 13 000 milliards de dollars en ligne de mire

Le marché mondial de la construction représente environ 13 000 milliards de dollars par an. Même une automatisation partielle des tâches répétitives pourrait générer des économies considérables. Des entreprises comme Caterpillar, Komatsu et Wirtgen ont également exploré l’autonomie pour leurs machines, mais aucune n’a encore proposé de solution commerciale prête à grande échelle pour les chantiers de voirie.

Avec cette levée de fonds et la caution d’investisseurs comme Alphabet et NVIDIA, Bedrock Robotics se positionne comme un candidat sérieux pour équiper les futurs chantiers d’autoroutes, d’aéroports et de villes en expansion. Une robotique moins spectaculaire que les humanoïdes, mais potentiellement plus proche du déploiement industriel réel.