Dans l’usine de pièces automobiles Schaeffler de Cheraw, en Caroline du Sud, un robot humanoïde passe ses journées à manipuler des paniers de roulements à billes. Digit, le robot bipède d’Agility Robotics, travaille huit heures par jour devant une presse à emboutir. Mais il ne travaille pas seul. Un « contractant Agility » est là en permanence, assis à proximité, pour le surveiller. Son seul rôle : observer le robot.
Une cage en plexiglas et un gardien humain
Pour l’instant, Digit opère depuis l’intérieur d’une enceinte en plexiglas. La raison est simple : le robot ne sait pas encore détecter la présence d’êtres humains dans son environnement immédiat. Les réglementations OSHA sur la sécurité des machines imposent donc de le confiner. Ce n’est pas une limitation permanente. Agility Robotics estime que ses robots seront capables de travailler aux côtés d’humains sans séparation physique d’ici la fin de l’année 2026.
« Nous avons identifié tout un ensemble de tâches que nous aimerions confier à des robots humanoïdes », a déclaré Courtney Baines, ingénieure en technologies de production avancées chez Schaeffler.
La question du prix de l’heure
Le déploiement de Digit revient aujourd’hui entre 10 et 25 dollars de l’heure, selon la configuration choisie par l’usine. C’est dans la fourchette du salaire d’entrée dans la même usine, fixé à 20 dollars de l’heure pour un humain. Pour l’instant, le robot est donc un choix neutre sur le plan financier, pas encore une économie.
L’objectif affiché par Damion Shelton, co-fondateur d’Agility Robotics, est de descendre à 2 ou 3 dollars de l’heure à mesure que la production des robots monte en puissance. Si ce cap est atteint, la comparaison avec les travailleurs humains changerait de nature.
Efficacité contre emploi
« L’efficacité, c’est la règle du jeu, et elle est implacable », a dit Doug Thompson, employé chez Schaeffler depuis 14 ans, au Wall Street Journal. « Ca ne va pas s’arrêter. »
Ce déploiement en Caroline du Sud illustre le stade actuel des robots humanoïdes en usine : techniquement capables pour des tâches répétitives bien définies, mais pas encore autonomes. Ils ont besoin d’un encadrement humain, d’une infrastructure de sécurité, et d’un coût qui reste élevé. Quelques semaines plus tôt, Xiaomi avait également déployé deux robots humanoïdes dans son usine de véhicules électriques à Pékin, également dans des enceintes de protection.
La phase d’intégration progressive est en cours. Les cages en plexiglas finiront par disparaître. La question de ce qui se passe ensuite pour les travailleurs concernés reste ouverte.
Source : Futurism d’après Wall Street Journal, 17 mars 2026
